[TRIBUNE] L’indéfendable octroi de mer 

France Guyane - 11/06
Dans cette tribune, le chef d'entreprise Cyril Comte, président du groupe Citadelle présent dans le secteur de la distribution automobile, plaide pour que «les organisations professionnelles réclament cette revue complète de la fiscalité, avec le soutien de leurs élus et l'appui technique d'un gouvernement stratège et ambitieux pour nos régions ultramarines».

Lorsque l’on parle d’économie dans les outre-mer et surtout de vie chère, réalité ancienne, chacun veille à surtout écarter rapidement l’éléphant dans la pièce et qui occupe la plus large place, il s’agit bien sûr de l’octroi de mer. Nous allons voir d’où vient cet impôt, pourquoi il est advenu, pourquoi et par qui il est soutenu avec la dernière ardeur et surtout comment il convient maintenant de s’en débarrasser pour le remplacer par une taxe à la consommation.

Au cours du XVIIIe siècle, l’Angleterre est le premier pays à être sorti de la pauvreté en lançant la première révolution industrielle. Pendant ce temps, le Royaume de France tirait l’essentiel de sa richesse des îles à sucre (70 % du patrimoine estimé de l’aristocratie avant la Révolution française). L’Angleterre avait une singularité en Europe qui a permis de lancer un développement fondé sur la spécialisation et l’échange. Il n’y existait aucun octroi sur les marchandises circulant au sein du Royaume-Uni, contrairement à la France et aux autres pays européens.

L’octroi est un impôt facile à lever, surtout dans les contextes anciens. On contrôle la marchandise à un point de passage obligé et on la taxe en fonction des critères et des pressions du moment. Il permettait donc de financer le budget des villes et des divers échelons de gouvernement local dans les royaumes et principautés en Europe. L’Angleterre avait pu s’en passer en développant une ad...
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