Après près de vingt ans passés au sein de l’État, notamment à Bercy et à la tête du Sisse (Service de l'information stratégique et de la sécurité économique), Joffrey Célestin‐Urbain a rejoint le Campus Cyber en qualité de président. Son ambition : transformer une jeune structure en écosystème opérationnel. Avec L’Informaticien, il revient sur la feuille de route centrée sur la structuration de l’écosystème, la coopération entre acteurs et les enjeux de souveraineté européenne. Un échange à retrouver dans le numéro 244 de l’Informaticien.
Qu’est‐ce qui vous a mené à œuvrer dans le domaine de la cybersécurité ?
J.C.-U. : Je me suis spécialisé dans la thématique de la sou‐ veraineté économique, à travers mes précédents postes à Bercy (ministère de l’Économie et des Finances), à la fois au Trésor, qui est l’une des directions de Bercy, puis à la direc‐ tion générale des entreprises.
Mon dernier poste avant le Campus Cyber, qui peut illustrer le pourquoi, était celui de directeur du Sisse, le service de l’information stratégique et de la sécurité économique. Il fait office de tour de contrôle de tous les actes de prédation étrangère sur des entreprises, des laboratoires et des données sensibles françaises. Il y avait un prolongement naturel entre ce que je faisais à Bercy et le Campus Cyber.
Au sein du Sisse, j’ai pu mesurer toute l’étendue de l’agressivité des acteurs étatiques et économiques étrangers, qui ne reculent devant rien pour tourner les rapports de force géoéconomiques à leur avantage. Ils ont recours à tout un arsenal d’instruments, parmi lesquels la cybercriminalité. Cela a été une expérience fondatrice parce que, sur ce type de poste, l’on prend vraiment conscience de la face cachée de la mondialisation. Comme dans Stranger Things, il y a un monde à l’envers qui m’a ouvert les yeux. C’était une prise de conscience : nous étions en danger et il fallait changer de logiciel économique pour bâtir des capacités de cybersécurité européennes mutualisées à la hauteur de la menace.
Est‐ce ce défi qui vous a fait accepter ce poste ?
J.C.-U. : Ce que je recherche, ce sont justement les défis. Et celui du Campus Cyber est gigantesque. C’est une...
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