Cancer et imagerie médicale : faut-il s’inquiéter des scanners ? - RTBF Actus

Africa Gordillo - RTBF - 07/06
L’imagerie médicale est un élément important dans l’établissement d’un diagnostic aujourd’hui. Scanner,...

L’imagerie médicale est un élément important dans l’établissement d’un diagnostic aujourd’hui. Scanner, scintigraphie, IRM, radiographie, échographie permettent aux médecins spécialistes de regarder sous le capot humain comme aucune technologie ne l’avait permis jusque-là.

L’utilité de ces appareils n’est plus à démontrer mais tous ne présentent pas le même risque pour le patient. Les scanners, par exemple, utilisent les rayons X, autrement dit des rayons ionisants, pour créer des images en coupes très détaillées de l’intérieur du corps. Les radios aussi utilisent ces rayons X mais avec une dose beaucoup plus faible.

L’exposition aux radiations ionisantes constitue un facteur connu de cancer secondaire pour le patient. Mais dans quelle proportion ? L’AFCN, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire, qui contrôle régulièrement ces machines médicales, ne chiffre pas ce risque. Elle préconise en revanche un recours prudent et réfléchi aux examens ionisants.

Son équivalent français, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) pointe, elle, que "moins de 1% des cancers chez l’adulte sont imputables aux rayonnements ionisants utilisés à des fins diagnostiques".

Une enquête menée aux États-Unis publiée dans la revue américaine JAMA Internal Medicine en avril 2025 estime pour sa part que les cancers induits par la tomodensitométrie (scanners, NDLR) "pourraient présenter jusqu’à 5% de l’ensemble des nouveaux cas de cancer diagnostiqués chaque année".

Prescription, surprescription

Invitée dans la matinale de la Première l’automne dernier, la présidente de la Mutualité chrétienne Élise Derroitte s’est basée sur cette étude américaine pour mettre en évidence la surprescription de scanners en Belgique dans un contexte d’économies touchant les mutuelles. Elle appelait alors les médecins à éviter cette surprescription, avec l’objectif de diminuer le nombre de CT-scan réalisés, pour des raisons de santé du patient et d’économies.

Élise Derroitte réitère ses propos aujourd’hui : "On parle beaucoup de prévention et de sous-utilisation des soins, mais il est tout aussi crucial d’être vigilants quant à la surutilisation inadéquate de certains dispositifs médicaux, ce qu’on appelle la prévention quaternaire. Cette surutilisation peut entraîner des conséquences notables sur la santé des patients, mais aussi sur l’explosion des coûts, que ce soit en radiologie ou en biologie clinique. Il est donc essentiel d’adopter une approche aussi rationnelle que possible dans la prescription des examens, afin de garantir le meilleur équilibre entre qualité des soins et gestion responsable des ressources".

Ce n’est donc pas l’utilisation utile des scanners qui est visée ici mais leur surutilisation ou surprescription autrement dit les examens qui ne sont pas justifiés. Selon une étude européenne, coordonnée par l’Union européenne et à laquelle a participé l’AFCN, entre 20 et 40% des scanners pourraient être inutiles, avec des pics allant jusqu’à 70% pour certaines procédures au niveau européen. Pour la Belgique, le pourcentage de scanners non appropriés était de moins de...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...