[Cinéma] Avec «Scary Movie», la parodie n’est plus une blague

Rosario Ligammari - LeQuotidien - 06/06
CINÉMA Scary Movie revient sur les écrans en même temps que cette question : comment un cinéma de dé...

CINÉMA Scary Movie revient sur les écrans en même temps que cette question : comment un cinéma de détournement est-il devenu un genre à part entière? De la série B au blockbuster, la parodie a changé de statut.

Une industrie du clin d'œil

La parodie au cinéma naît à partir du moment où un public peut reconnaître le clin d'œil. Cette forme de comédie envisage d'office une mémoire collective : il faut savoir ce qu'est un savant fou avant de rire du petit-fils névrosé de Young Frankenstein (Mel Brooks, 1974) ou connaître les ralentis du western avant que Blazing Saddles (le même Mel Brooks, la même année) ne les fasse tousser. Le cinéma parodique se tourne vers les genres les plus simples à imiter : l'horreur, le western, l'espionnage, le péplum, la science-fiction, le film d'action, le «teen movie», tous reposent sur des codes qui se répètent. En plus de parodier une ambiance, Airplane! (David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker, 1980) cannibalise la structure de Zero Hour! (Hall Bartlett, 1957), au point que les ZAZ ont acquis les droits du film tant leur scénario lui devait intrigue, situations et même répliques. Il s'agit de rejouer les films catastrophe avec un grand sérieux, en demandant aux acteurs de ne jamais signaler qu'ils sont dans une comédie.

Mel Brooks, quant à lui, fait de la parodie comme resta...
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