Au tribunal judiciaire de Mamoudzou, trois hommes étaient jugés ce jeudi 4 juin en comparution immédiate pour aide à l’entrée irrégulière. Au fil des dossiers, un dialogue s’est installé entre le procureur Dupont, qui défend une réponse ferme face à l’immigration clandestine, et Me Cooper, qui appelle les juges à ne pas renoncer à l’individualisation des peines.
Trois hommes, trois kwassas, trois traversées vers Mayotte. À la barre du tribunal judiciaire de Mamoudzou, les dossiers se suivent et semblent parfois se répéter : des embarcations venues des Comores, des passagers transportés sans permis, sans matériel de sécurité, et des pilotes attirés par la promesse de quelques centaines d’euros.
Mais derrière cette succession d’affaires, un autre débat s’est dessiné. Celui d’une justice prise entre deux exigences : répondre à un phénomène massif, l’immigration clandestine par voie maritime, et juger chaque prévenu pour ce qu’il est, ce qu’il a fait, et la place qu’il occupe réellement dans ces traversées.
Dans la première affaire, le prévenu, 26 ans, est poursuivi pour avoir participé au pilotage d’une barque blanche et bleue de six mètres, repérée le 1er juin vers 8 heures à proximité de l’îlot Mtsamboro. À bord se trouvent onze personnes, neuf hommes et deux femmes, ainsi qu’un pilote. L’embarcation est dépourvue de matériel de sécurité.
L’homme affirme n’avoir tenu la barre que temporairement. Selon ses déclarations, le pilote principal aurait sauté à l’eau et nagé en apercevant les gendarmes. Lui devait percevoir 250 euros pour la traversée. Pêcheur, payé environ 40 euros par jour, il dit avoir accepté en raison de sa situation familiale : une femme qui vient d’accoucher, un enfant, un petit frère et une petite sœur à charge.
« J’ai mal agi, je présente mes excuses et je ne recommencerai plus », déclare-t-il devant le tribunal. « Vu les problèmes qu’il y a aux Comores, j’étais seul pour subvenir aux besoins de mon petit frère, ma petite sœur et mon enfant. Je présente mes excuses aux Mahorais, aux Français. »
Le procureur Dupont requiert six mois d’emprisonnement avec maintien en détention et trois ans d’interdiction du territoire français. Pour le ministère public, ces traversées ne peuvent être réduites à des trajectoires individuelles de misère. Elles alimentent u...
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