Amazon, Google, Microsoft... Pourra-t-on se passer des GAFAM à l’avenir ? L’Europe a présenté son plan pour défendre sa souveraineté technologique - RTBF Actus

Philippine Wambersie - RTBF - 05/06
L’Europe dépense environ 264 milliards d’euros par an pour acheter des produits et des services numériques à des...

L’Europe dépense environ 264 milliards d’euros par an pour acheter des produits et des services numériques à des puissances extérieures. "Dans un monde où géopolitique et technologies sont inséparables, il est temps pour l’Europe de reprendre le contrôle de ses données, de ses chaînes d’approvisionnement et de son avenir, de manière propre et durable", a affirmé Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la souveraineté technologique. "Nous renforçons l’autonomie numérique de l’Europe tout en maintenant notre économie ouverte à nos partenaires mondiaux".

Il est temps pour l’Europe de reprendre le contrôle de ses données.

La Commission européenne propose une importante mise à jour du règlement de l’UE sur les puces électroniques, le Chips Act 2.0, afin de sécuriser l’approvisionnement en semi-conducteurs. Elle présente aussi un projet de règlement pour développer un service de cloud européen et l’intelligence artificielle (IA). "Nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre de ces pays pour des technologies qui assurent le bon fonctionnement de nos hôpitaux, la stabilité de nos réseaux énergétiques et la sécurité de nos services", a souligné la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Ce paquet de mesures est destiné à développer l’indépendance numérique de l’Union Européenne aussi appelée "souveraineté technologique".

Souveraineté numérique européenne, une illusion ?

Pour y arriver, Bruxelles propose de réserver aux fournisseurs européens les contrats publics en matière d’intelligence artificielle et de cloud dans les domaines les plus sensibles. "Dans certains cas bien précis, dans des secteurs très critiques, il est très important que ce soient des prestataires européens qui fournissent les services", explique la vice-présidente de la Commission européenne chargée du Numérique, Henna Virkkunen. "Mais cela ne concernera qu’un nombre limité de contrats, dans la plupart des cas, les prestations de services numériques dans la sphère publique resteront accessibles aux entreprises non-européennes".

On sera toujours dépendant d’autres acteurs, comme les États-Unis dépendent de la Chine et inversement.

Pour Nicolas Van Zeebroeck, professeur d’économie et de stratégie numérique à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), la souveraineté numérique complète, ne doit pas être un objectif en soi. "L’indépendance numérique est totalement illusoire. On sera toujours dépendant d’autres acteurs, comme les États-Unis dépendent de la Chine dans tout un tas de domaines et inversement" précise-t-il. "Ce qui est vraiment important, c’est d’avoir des alternatives qui soient des solutions pas forcément aussi complètes, mais au moins fonctionnelles, pour qu’on ne soit pas complètement enfermés. Parce que le vrai danger, c’est d’être prisonnier".

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