Masculinistes : "Une potentialité terroriste forte", selon la DGSI - ICI

France Bleu - 05/06
Dans une interview exclusive à la cellule investigation de Radio France, la DGSI estime que la mouvance masculiniste radicale constitue un potentiel terroriste fort avec des profils plus jeunes, plus dangereux et une radicalisation plus rapide. Les services affinent leurs méthodes de détection.

2 juillet 2025, Saint-Étienne. Timoty G, timide jeune homme fluet de 18 ans, est interpellé à proximité de son lycée avec deux couteaux dans son sac. Cet élève inscrit en classe préparatoire de chimie s’apprête à cibler quatre jeunes femmes de son établissement. Repéré en amont sur les réseaux sociaux par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), il est placé en garde à vue puis mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste. Lors de son audition, il s’est revendiqué comme proche de la frange masculiniste radicale "incel" (contraction de "involuntary celibate", signifiant les célibataires involontaires). C’est une première en France pour un adepte de cette idéologie.

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Le courant "incel" fait l’objet d’une surveillance attentive des services du renseignement territorial français qui le qualifient de "forme la plus préoccupante du masculinisme" dans une note récente consultée par la cellule investigation de Radio France. Le document pointe également "une fascination pour les tueurs de masse", en particulier ceux ayant commis "des assassinats à motivation sexiste, raciste, antisémite ou homophobe".

"Une potentialité terroriste forte"

La DGSI s’intéresse aussi "depuis quelques années" à cette frange radicale du masculinisme, qui présente "beaucoup de points de convergence avec l’ultra droite" et une "potentialité terroriste forte", explique Matthieu [prénom d’emprunt], responsable du service en charge de l’ultra-droite qui a accepté, exceptionnellement, de répondre aux questions de la cellule investigation de Radio France.

Un risque que le Procureur national antiterroriste prend également au sérieux. Olivier Christen, évoque certains contenus qui "appellent à attaquer des femmes sur notre territoire pour affirmer une suprématie masculine", et souligne la nécessité "d’observer [cette menace] et de se former à y répondre si elle se concrétisait davantage sur notre territoire."

En matière d’évaluation du risque en France, la menace terroriste dite "incel" ne représente encore qu’"une toute petite portion de la menace de terrorisme d’ultra droite à l’heure actuelle, entre 10 et 20% de ce sur quoi nous travaillons", explique l’agent de la DGSI. Un volume qui reste limité, mais qui n’est pas marginal, dans la mesure où la menace terroriste d’ultra droite constitue aujourd’hui la deuxième plus importante en France, après le djihadisme.

Cette évolution s’inscrit aussi dans un autre phénomène observé par les autorités : le rajeunissement des profils impliqués dans des dossiers terroristes, selon le procureur national an...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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