Russie : le FAS dénonce une vision conservatrice du rôle des femmes

Euronews - 03/06
Le Mouvement féministe anti-guerre a été crée le 25 février 2022, au deuxième jour de l’invasion russe en Ukraine. Le FAS est décrit comme le projet féministe le plus vaste et le plus visible de Russie. Chaque année, ses militantes publient des rapports sur la situation des femmes russes. #EuropeNews

Euronews s'est entretenu avec l'une des chercheuses et militantes de FAS au sujet du rapport 2026 « Les droits des femmes dans un contexte de répression et de militarisation ».

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Euronews : Combien de participantes compte aujourd'hui votre mouvement en Russie et à l'étranger ? Combien d'entre elles ont été déclarées « agents de l'étranger », sont en prison ou font l'objet de poursuites ?

Adélaïda, FAS : Bonjour et merci de l'intérêt que vous nous portez ! En tant que mouvement horizontal, nous ne pouvons pas recenser toutes les participantes. Toute personne, vous y compris, peut devenir l'une de nos militantes simplement en aidant et en prenant part à la vie du mouvement, même si elle ne se trouve pas en Russie (certaines personnes nous aident à traduire des textes et bien d'autres choses).

En 2023, FAS a reçu le prix de la paix d'Aix-la-Chapelle puis a été inscrit sur la liste des « agents de l'étranger » (alors même que nous ne sommes pas une personne morale, ce qui rend cela juridiquement impossible).

Par la suite, nous avons été qualifiées « d'organisation indésirable ».

Imaginez : défendre le droit à l'avortement, le droit de décider par nous-mêmes de ce que nous voulons, s'opposer à la guerre, revient à être jugées indésirables dans notre propre pays. Plusieurs de nos coordinatrices ont été considérées comme « liées à un agent de l'étranger », ce qui a d'abord donné lieu à des amendes, puis à l'ouverture de procédures pénales. Beaucoup de militantes sont des réfugiées politiques, auxquelles on refuse de prolonger leur passeport, ce qui les place, au final, dans une situation dangereuse.

Euronews : comment est née l'idée de publier des rapports ? Qui y travaille, quels critères sont retenus, restent-ils les mêmes d'une année sur l'autre ou changent-ils ?

Adélaïda, FAS : Ces rapports sont apparus parce qu'il fallait faire quelque chose pour dissiper toute illusion sur le pouvoir en Russie. Ils sont généralement préparés pour des institutions internationales et ne sont pas accessibles au grand public. Je me souviens très bien de celui de 2023 ; en 2022, il y avait des rapports par pays. Quand on est en exil, l'une des voies les plus logiques est de mener un travail de plaidoyer à l'étranger, auprès d'organisations comme l'ONU ou l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Ce n'est pas notre premier rapport : nous avons déjà parlé de la situation des femmes, des protestations au moment de la mobilisation, de l'affaire de Baymak, de la situation des civils détenus en otage et des enfants déportés d'Ukraine. Le travail est assuré par les mêmes militantes et défenseuses des droits : certaines rédigent les rapports, d'autres organisent des actions locales, soutiennent les communautés, d'autres encore sont expertes en cybersécurité...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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