« Nous avions raison… 14 ans trop tôt ». À travers cette lettre ouverte à la nation burkinabè, le Dr Dibi Millogo, premier directeur général de l’Agence de l’eau du Nakanbé, livre le récit d’un combat mené dès 2012 pour sauver les barrages de Ouagadougou de l’ensablement, des occupations anarchiques et de la dégradation environnementale. À l’heure où l’État engage des mesures fortes pour restaurer ces espaces, il revient sur les alertes longtemps ignorées et invite le Burkina Faso à faire de cette expérience une leçon durable de gouvernance, d’anticipation et de protection des biens communs.
PROLOGUE — LE MESSAGE QUI A RÉVEILLÉ QUATORZE ANNÉES DE MÉMOIRE
Le 8 mai 2026, très tôt le matin, alors que les images des opérations de déguerpissement des barrages de Ouagadougou circulaient déjà dans tout le pays, je reçus un message WhatsApp d’un ancien compagnon de combat.
Un homme avec qui nous avions partagé, il y a plus de quatorze ans, les diagnostics, les inquiétudes, les réunions, les alertes, les espoirs et parfois les découragements.
Il m’écrivit simplement : « Bonjour DG. J’espère que tout va bien. Chez moi RAS. L’aboutissement d’un de vos combats. Là où une dizaine d’ateliers ont hésité, un seul communiqué a tranché ! Démocratie et développement en Afrique ?!?!? Hum. Excellente journée »
Ce message venait de Ghislain, ancien Directeur de l’Eau et de l’Environnement à l’époque où j’étais Directeur Général de l’Agence de l’Eau du Nakanbé.
En lisant ses mots, quatorze années de...
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