Si on lui a envoyé un SMS au mitan de la semaine passée, c'est parce que l'on s'était raté mi-avril, au moment où l'affaire Grasset – maison dans laquelle il a publié ses 12 livres depuis 20 ans – a éclaté. Sorj Chalandon était en Irlande et trop occupé pour nous parler du départ d'Olivier Nora, le PDG de la maison Grasset, viré par Vincent Bolloré. Un départ qui a précipité le sien comme ceux de Virginie Despentes, Frédéric Beigbeder, Bernard-Henri Lévy, Vanessa Springora, la sud-coréenne Han Kang (Nobel) et bien d'autres. La révolte a éclaté.
La sortie de La Légende, le nouveau livre de Boualem Sansal était donc une bonne occasion pour faire le point, à tête reposée, sur sa situation, même s'il coupe d'emblée. "Cela ne m'intéresse pas. Le livre de Boualem existe, qu'il sorte ou pas, je ne vois pas ce qu'il change à ma vie. Au fait que je n'ai plus d'éditeur." Pendant une quarantaine de minutes, l'auteur d'Une promesse (Médicis), de Retour à Killybegs (Grand prix du roman de l'Académie française) et du Quatrième mur (Goncourt des lycéens), journaliste (ex-Libération, Le Canard enchaîné) va se montrer volubile, jusqu'à s'adresser directement à son "ami" Boualem Sansal qui le rend "triste".
Comment aviez-vous appris le licenciement d'Olivier Nora et donc de votre éditeur chez Grasset ?
J'étais à Dublin pour la trad...
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