Quelques mois après leur dernière manifestation, les organisateurs de La Manif pour tous appellent à battre le pavé le 5 octobre, à Paris et à Bordeaux, cette fois contre la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes, la gestation pour autrui (GPA) et l’enseignement du genre à l’école. Comment expliquez-vous la pérennité de ce mouvement de droite ? Danielle Tartakowsky1 : Je vois deux explications principales. D’une part, pour toute organisation de type « collectif ad hoc », c’est-à-dire toute organisation constituée pour mobiliser de manière circonstanciée sur une cause spécifique (en l’occurrence la loi Taubira sur le mariage homosexuel), la « mise en action » de masses autour de nouveaux objectifs constitue la meilleure façon de conserver des forces, voire de les accroître, et de s’inscrire dans la durée. D’autre part, la nomination, fin août, de Najat Vallaud-Belkacem au poste de ministre de l’Éducation nationale en a fait, dès son arrivée rue de Valois, une « cible » pour ce mouvement dont on connaît les objectifs.
Tout le monde ou presque a été surpris de voir la droite manifester massivement en 2012-2013 contre la loi Taubira. Pourquoi pense-t-on spontanément qu’investir la rue pour protester est un mode d’expression typ...
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