Ombres de Moscou au Tadjikistan... Scènes d'une capitale essayant de peindre sa mémoire

مصطفى رزق - Aljazeera - 01/06
Les choses à Douchanbé ne semblent pas telles qu’elles apparaissent à première vue. Derrière le calme des rues et la largeur des trottoirs se cache l'histoire d'une ville qui porte avec légèreté son passé et remodèle son présent entre mémoire, identité et ambition.

Douchanbé - Il n'est pas nécessaire de visiter des archives ou un bureau gouvernemental pour sentir que l'Union soviétique n'a pas complètement quitté le Tadjikistan. Il suffit de se promener dans la rue Rudki de la capitale Douchanbé pour contempler les larges trottoirs, la régularité des jardins et la sévérité de certaines façades anciennes, puis de lever un peu les yeux et de voir les symboles du Tadjikistan moderne prendre place au cœur de la capitale.

La ville semble vouloir dire deux choses à la fois : nous sommes un pays indépendant, nous avons notre drapeau, notre langue et nos symboles, mais nous ne sommes pas non plus sortis du passé lorsqu’on sort d’une pièce et ferme la porte derrière soi. Le passé ne se trouve pas seulement dans les musées, mais il se promène avec les gens dans la rue. Il apparaît dans un mot russe passager, dans un vieux bâtiment, une école, une pancarte et le discours d’un chauffeur de taxi sur un fils qui travaille à Moscou.

Douchanbé n’est pas une ville animée. Son rythme est calme, et c'est peut-être pour cela que les détails apparaissent plus clairs. Le matin, lorsque la circulation ralentit et que les larges rues scintillent d'une lumière fraîche, on a l'impression que la ville a été conçue pour la promenade et la contemplation. Tous ses bâtiments ne sont pas beaux et tous ne sont pas modernes, mais ils portent un mélange saisissant : quelque chose de la mémoire soviétique, quelque chose de l'ambition du nouvel État et quelque chose d'un esprit d'Asie centrale qui ne ressemble à aucun autre.

Le Tadjikistan a une identité locale et un esprit persan, mais il est passé par la porte de Moscou (Al Jazeera)

Un paradoxe chez Rudke

La rue principale porte le nom de Rudaki, le grand poète que le Tadjikistan fait revivre comme symbole de langue, d'identité et de culture. Le nom à lui seul en dit long. C'est comme si la capitale voulait commencer son histoire par la poésie et non par la politique, par des racines persanes-tadjikes et non par les années moscovites.

Mais en marchant dans cette même rue, vous entendrez du russe tout autour de vous. Il ne s’agit pas nécessairement d’une langue officielle qui se dresse sur une plateforme, m...
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