Fake news : ce qui nous pousse à y croire et à résister aux corrections

Julien Hernandez - Futura Sciences - 10/02
Une récente revue de la littérature parue dans Nature fait le point sur les mécanismes cognitifs, affectifs et sociaux qui nous poussent à adhérer aux fausses nouvelles et à résister à leurs...

Une récente revue de la littérature parue dans Nature fait le point sur les mécanismes cognitifs, affectifs et sociaux qui nous poussent à adhérer aux fausses nouvelles et à résister à leurs corrections.

Si pour certains, la désinformation est un faux problème, pour d'autres elles constituent un enjeu sérieux. Cependant, les premiers comme les seconds considèrent que l'étude des mécanismes psychologiques qui nous poussent à adhérer à la désinformation et à résister aux vérifications est importante. Ils diffèrent sur le niveau de lutte à apporter contre la désinformation au profit du regain de confiance envers la population générale. Dans cet article, nous allons résumer une revue récemment parue dans Nature qui met en exergue l'ensemble de ces mécanismes et ce qu'on peut mettre en place pour lutter contre eux si on le souhaite.

Qu’est-ce qu’une fausse nouvelle ? 

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est toujours important de clarifier la terminologie des termes employés. Dans le monde académique, une information qui se révèle factuellement fausse est considérée comme une fausse nouvelle. Lorsque cette distinction a été réalisée, d'autres problèmes taxonomiques se posent car la fausseté revêt plusieurs visages : intentionnalité de tromper - erreur de bonne foi, fausseté factuelle - inférence incorrecte à partir de faits réels, nouvelles hyper-partisanes - nouvelles présentées de façon plus neutre, etc. Il faudra donc toujours garder à l'esprit que les fausses nouvelles sont très hétérogènes. Actuellement, l'une des grandes limites des études académiques est qu'elles concernent les fausses nouvelles explicites. Il existe bien d'autres formes de désinformation dont l'impact n'est pas étudié.

Ère de l'infodémie et des chambres d’écho ? 

Un deuxième petit préambule concerne la supposée infodémie dans laquelle notre société se trouverait et les chambres d'écho qui nous condamneraient à ne voir que ce que nous voulons voir. Ces deux hypothèses accusent une forte responsabilité envers Internet. Pourtant, il faut rappeler que la désinformation est bien plus ancienne qu'Internet et que nous nous enfermons aussi régulièrement dans une bulle (parfois plus) dans le monde réel que dans le monde virtuel. Aussi, le qualificatif d'i...
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