Hervé Joly1 À l’origine, je voulais travailler sur les pénuries : l’alimentation, le café, le chocolat… Mais ces sujets avaient été largement étudiés. Ce n’était pas le cas du pétrole, qui faisait en outre écho à des questions d’actualité.
La consommation de produits pétroliers avant la guerre (8 millions de tonnes en 1938) était certes six fois plus faible qu’elle ne l’est aujourd’hui, mais l’essentiel de ce qui était consommé servait aux transports des hommes et des marchandises : voitures, camions, autobus, bateaux, autorails… Les autres usages (chauffage, électricité, chimie, plastiques…) se développeront surtout après-guerre.
La pénurie qui caractérise l’Occupation se traduit donc d’abord par une restriction des mobilités. Cela concerne principalement le transport automobile, même s’il est encore peu développé (2 millions de véhicules, contre quelque 40 millions aujourd’hui). Ce qui m’a frappé, c’est à la fois l’ampleur de cette contrainte et le fait que, malgré tout, les gens continuent à beaucoup se déplacer, notamment en train, puisque les locomotives à vapeur ne sont pas affectées par la pénurie de pétrole. La France est loin d’être immobilisée, à l’époque. Les Françaises et Français ne sont pas du tout confinés, comme nous avons pu l’être pendant la pandémie de Covid, par exemple.
H. J. Dès les années 1930, la dépendance pétrolière est source d’une grande inquiétude, car la France ne produit quasiment rien, hormis le gisement de Pechelbronn, en Alsace, qui alimente à peine 1 % de sa consommation. Les responsables politiques étaient donc en partie préparés à une pénurie de pétrole. On cherche des alternatives plus que jamais d’actualité de nos jours : par exemple, fabriquer du carburant à partir d’alcool, de betterave ou de raisin, ou encore fa...
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