Éric Domb, fondateur et patron de Pairi Daiza, l'avoue avec le sourire : "Le meilleur moment dans nos projets, c'est quand vous avez les yeux fermés et que vous rêvez : tout est beau, tout va fonctionner." Mais l'homme ne s'est jamais contenté de rêver. Depuis 1994, année où il a ouvert à Brugelette les portes de Paradisio, devenu Pairi Daiza, il agit, bâtit, agrandit, investit. Et revendique le succès d'un parc devenu l'une des grandes locomotives touristiques du pays.
Cette réussite, pourtant, continue de susciter des critiques, surtout lorsque de l'argent public entre dans la discussion. Éric Domb dit en avoir assez des procès faits à son entreprise, parfois alimentés par des minorités surtout actives sur les réseaux sociaux. Face aux polémiques, le patron du parc montre les dents et répond, sans détour.
guillement"Le succès est malheureusement peu apprécié dans notre Région"
Côté capital, rien n'a changé : Marc Coucke détient toujours 30,75 % de Pairi Daiza via sa holding familiale Alychlo. Le reste demeure aux mains d'Éric Domb et de ses structures.
Aujourd'hui, Pairi Daiza aligne 10 mondes, bientôt 11, et en vise 12 à terme. Le parc abrite plus de 8 000 animaux, s'étend sur 82 hectares hors parkings, emploie plus de 700 personnes et veut désormais dépasser les 3 millions de visiteurs annuels, sans dégrader l'expérience de visite.
Éric Domb ne veut plus devoir justifier sa "success-story". Il préfère la défendre. Et, surtout, la revendiquer. Entretien.
Le dossier chaud du moment, c'est Pairi Daiza qui refuse un subside de la Région wallonne. C'était la chose à faire étant donné la situation budgétaire de la Région ?
La Région wallonne distribue chaque année des dizaines de millions d'euros à des centaines d'entreprises qui investissent et créent de l'emploi dans notre région. Mais il a malheureusement suffi d'associer "Pairi Daiza" à "11,5 millions d'aides" pour qu'une série Netflix de la polémique démarre. Donc j'ai voulu y mettre un terme.
Pour rappel, ce mécanisme quasiment automatique prévoit des aides si les entreprises respectent certains critères, en échange d'un montant minimum investi et de création d'emplois. Ici, c'était 106 millions d'euros investis et 275 emplois créés. Mais vous avez décidé d'éteindre la polémique et au final en faire quelque chose de positif pour votre image…
C'est plutôt une bonne chose pour la Région puisque les travaux, nous allons quand même les réaliser. Les emplois, nous allons les créer. On est aujourd'hui à plus de 700 personnes, dont 500 en CDI. Ce qui est dommage, c'est qu'il nous est impossible de convaincre chaque Wallon de ce qui se passe en réalité. Ce mécanisme est utile, il fait que les entreprises qui sont un peu les locomotives...
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