Entre déficits budgétaires, sous-investissement chronique et contestation croissante des frais différenciés imposés aux étudiants extra-européens, les universités françaises avancent sur une ligne de crête de plus en plus étroite. Habituellement, les griefs se concentrent sur l'État et les arbitrages rendus à Paris. Mais en Auvergne-Rhône-Alpes, c'est un exécutif régional qui a choisi d'engager un bras de fer politique avec un établissement d'enseignement supérieur.
L'équipe de Fabrice Pannekoucke et son "conseiller spécial", Laurent Wauquiez, avait annoncé suspendre toute coopération avec l'université Lumière Lyon II et retirer l'ensemble des subventions qui lui étaient destinées. En cause : une supposée "dérive islamo-gauchiste" au sein de l'établissement, qui accueille plus de 27 000 étudiants.
Une décision qui continue de provoquer des remous. "Ce qui me frappe, c'est la cohérence de la méthode", déclare Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et conseillère régionale d'opposition dans une interview à Euronews. "On stigmatise d'abord, avec des formules comme "islamo-gauchisme" qui n'ont aucune rigueur intellectuelle mais qui ont le don de susciter la peur, et ensuite on exige un audit pour donner une apparence de légitimité à ce qui n'est, au fond, qu'une pression".
"Pour autant, je ne nie pas que des tensions existent dans nos universités, comme elles existent dans l'ensemble de notre société", ajoute l'élue lyonnaise, qui pointe que des "comportements problématiques, parfois violents, ont cours des deux côtés du spectre politique".
Parmi ces épisodes "problématiques" : la suspension, début décembre, de Julien Théry, professeur d'histoire, épinglé pour avoir partagé sur ses réseaux sociaux des public...
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