Notre colonne vertébrale en a plein le dos. Elle sert de puissant échafaudage pour le corps qu’elle supporte, de protection pour la moelle épinière et de tuteur flexible qui facilite les mouvements. Malgré sa solidité, sa souplesse, sa rigidité osseuse, les vertèbres qui la composent génèrent beaucoup de douleurs dans le dos.
En 2015, des anthropologues canadiens suggéraient dans le journal BMC Evolutionary Biology que les maux de dos chez certains individus pourraient s’expliquer par la forme ancestrale de leurs vertèbres. La bipédie, survenue chez l’Homme, il y a environ 7 millions d’années, n’aurait pas suffisamment transformé leur colonne vertébrale.
Kimberly Plomp, l'une des coauteures de l'étude, assure que notre colonne ne s’est pas correctement adaptée à notre nouveau mode de vie : "Nos vertèbres ont évolué en même temps que notre locomotion, passée de quatre à deux pattes. Mais certains types de vertèbres humaines, telles que celles que nous avons identifiées comme étant similaires aux vertèbres de chimpanzés, semblent avoir conservé leurs formes ancestrales. C’est pourquoi des personnes parviennent beaucoup moins à résister aux pressions entraînées par la bipédie."
D’après l’étude, la colonne vertébrale ne dispose pas encore tout à fait de la structure suffisante pour supporter notre position debout. Sur nos deux pieds, nous exerçons sur nos vertèbres une pression de 100 kilogrammes par centimètre carré. Assis, lorsque nous nous penchons en avant, la pression grimpe à 175 kg par cm².
Depuis la fin du XXe siècle, le secteur tertiaire accapare environ les trois-quarts des emplois en Europe. Les cadres et employés de bureau passent désormais la majeure partie de leur temps assis devant un ordinateur. Les ouvriers, penchés sur leur tache répétitive dans une usine, à l’étroit au fond des mines de charbon ou avachis dans les champs à cueillir fruits et légumes, se font de moins en moins nombreux grâce, entre autres, au progrès technique.
Pourtant, nous avons toujours plus mal au dos : deux tiers des Français ont souffert du dos en 2019, tandis qu’ils étaient moins d’un tiers en 1980 (30 %). Autrement dit, la proportion des malades du dos a doublé en 40 ans en France.
Pour comprendre, il faut garder en tête que le dos s’adapte aux activités que nous lui proposons. Certes, la manutentionnaire ploie beaucoup son dos, porte des objets parfois très lourds et reste debout la majeure partie du temps. Elle risque de faire des faux mouvements et de provoquer ainsi des douleurs mécaniques. Mais elle mobilise son dos, le muscle et le garde sous tension. Sur sa chaise de bureau, le col blanc voit sa masse musculaire dorsale et abdominale fondre. Sa ceinture abdominale atrophiée et peu entretenue ne le protège plus des différents aléas de la vie. S’il ne fait pas de sport de loisir, il expose son dos à de douloureuses lombalgies.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus d’un quart des adultes et 80 % des adolescents n’atteignent pas le niveau d’activité physique recommandé pour favoriser une bonne santé. L’organisation onus...
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