Depuis une décennie environ, une contre-vérité technocratique s’est installée à l’échelle mondiale, et avec une cruauté singulière en Amérique latine : l’idée que les droits fondamentaux pourraient être gérés selon la logique d’un inventaire commercial. L’essor des gouvernements d’extrême droite promeut la réduction de l’influence de l’État au profit d’un rendement corporatiste appliqué au secteur public.
C’est dans cette dynamique que le ministère des Finances du gouvernement chilien dirigé par José Antonio Kast a récemment soutenu une thèse qui défie toute logique rationnelle. Il affirme qu’une coupe budgétaire de près de 420 millions d’euros imposée au ministère de la Santé ouvrirait la voie à une plus grande efficacité.
« Parfois, on fait plus avec moins de ressources », a déclaré le ministre Jorge Quiroz. Pourtant, ce secteur public subit historiquement un ajustement permanent de ses budgets, alors même que les hôpitaux publics font face à une demande exponentielle.
En tant que professionnels de la santé publique, nous estimons que cette affirmation n’est pas seulement une erreur technique : c’est une preuve glaçante d’indolence. L’opérationnalité des hôpitaux ne peut être réduite à un simple tableur comptable que l’on sabre sans désintégrer le tissu social des 85 % de la population qui dépendent de ces services.
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La trajectoire de cette géographie de l’austérité révèle un impact dévastateur. Elle transforme la nature même des droits sociaux fondamentaux, en subordonnant la sécurité et le soin des citoyens à des critères strictement macroéconomiques et budgétaires.
L’illusio...
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