À la périphérie de la capitale temporaire yéménite, Aden, les maisons des personnes déplacées ne semblent pas être des tentes au sens habituel du terme, mais plutôt des nids fatigués, récupérés à partir de feuilles de palmier et de restes de tissus et de plastique, et attachés à des poteaux en bois avec des cordes effilochées.
Sous le soleil et la poussière incessante, ces habitations s'étendent sur un sol de terre battue, tandis que des enfants pieds nus traversent leurs couloirs étroits, dans une scène qui résume de longues années de déplacement et d'attente.
Dans l’un de ces nids, Hamdi Youssef, 55 ans, est assis entouré de ce qui reste de la vie de sa famille : des matelas usés, quelques ustensiles, des sacs suspendus et un toit de frondes qui ne protège ni de la chaleur ni de la pluie d’Aden.
Hamdi montre l'endroit autour de lui, puis raconte à Al Jazeera Net : "Le déplacement a pris notre maison, notre travail et notre santé, et nous a laissés dans la chaleur, la faim et la maladie. Parfois, nous ne trouvons rien pour nourrir nos enfants."
Hamdi a été déplacé du district d'Al-Jarrahi dans le gouvernorat de Hodeidah en 2016, après que sa maison ait été endommagée par un obus direct lors d'affrontements entre le groupe Houthi et les forces gouvernementales yéménites. Il est arrivé à Aden avec sa femme et ses sept enfants, pensant que le déplacement était une halte temporaire, mais après environ 10 ans, il s'est retrouvé dans un abri qui ne ressemblait pas à la maison qu'il avait quittée et ne donnait pas à sa famille un sentiment de sécurité.
Chiffres des déplacements au Yémen (Al Jazeera)Il essayait de subvenir aux besoins de sa famille en collectant des récipients en plastique dans les rues et les décharges et en les vendant, avant que cette tentative ne s'arrête il y a deux ans, après que des hommes armés l'ont intercepté à Aden et lui ont tiré dessus. Il a été blessé à la jambe et sa moto, qui constituait son seul moyen de subsistance, a été confisquée.
Hamdi raconte : "Nous vivions difficilement, et après ma blessure, les souffrances se sont accrues. La maison était vide de nourriture, et parfois nous ne trouvions qu'un seul repas par jour, du pain sec ou une miche sèche".
L'histoire de Hamdi n'est qu'une introduction à une question plus large : comment les camps de déplacés au Yémen sont-ils passés d'abris temporaires à des abris à long terme, où leurs propriétaires n'ont pas les conditions de retour ni les nécessités de la vie et de la stabilité ?
Les logements temporaires à Aden ne protègent ni de la chaleur ni de la pluie (Al Jazeera)La crise des camps ne commence pas uniquement par les tentes, mais plutôt par l’ampleur des déplacements eux-mêmes. Dans un pays qui compte environ 4,5 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays, près de 3 millions d'entre elles résident dans des gouvernorats sous le gouvernement yéménite internationalement reconnu,...
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