Notre-Dame : enquête au milieu des décombres

JournalCNRS - 22/05
Pas un débris ne devra échapper à l’inventaire sur le chantier de la cathédrale. Cet été, nous avions suivi les scientifiques qui veulent faire parler le bois et veillent au déblaiement des poutres, au diapason avec les cordistes et au milieu des minipelleteuses...

Elle n’en perd pas une miette. Vêtue d’un impressionnant attirail – casque de chantier, masque avec assistance respiratoire, combinaison blanche intégrale –, elle surveille de près chacun des mouvements de la pelleteuse qui, délicatement, extrait les poutres calcinées du gigantesque mikado de gravats gisant dans la nef de Notre-Dame de Paris.

11 juillet, 9 heures. Comme presque tous les jours depuis près de trois mois, Catherine Lavier, spécialiste d’archéologie du bois au Centre de recherche et de restauration des musées de France, travaille dans ce décor postapocalyptique avec un objectif : récupérer le plus de matériau possible de cet invraisemblable fatras.

Après l’incendie, on s’est empressé de dire qu’il ne fallait surtout rien jeter : toutes ces poutres, ce ne sont rien de moins que des livres ouverts sur le Moyen Âge !

« Après l’incendie, on s’est empressé de dire qu’il ne fallait surtout rien jeter : toutes ces poutres, ce ne sont rien de moins que des livres ouverts sur le Moyen Âge ! », insiste-t-elle en agrafant une étiquette sur le tronc noir que Pierre Marinier, le conducteur de la pelleteuse, vient de déposer à ses pieds. « Les arbres enregistrent tout, le moindre stress est révélateur d’un événement, explique-t-elle. En analysant des troncs anciens, on peut déduire u...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...