«En fait, ces familles nous confient leurs enfants, la prunelle de leurs yeux soi-disant, et on a l'impression de ne rien valoir.» Aurélie, 23 ans, se remémore ses premiers baby-sitting, lorsqu'elle avait 13 ans, chez des voisins de ses parents. Une prise en charge de 20h à minuit, pour... 2 euros de l'heure. «J'entendais des propos comme “c'est la fille des voisins, elle rend service”. Mes parents ne voyaient pas de problème à ce moment-là.» La jeune femme sera à nouveau baby-sitter pendant ses années lycée. 5, 6, 7 euros de l'heure, et toujours sans aucun contrat.
À peine majeure, elle est mise en relation par une de ses connaissances avec une famille qui lui propose de garder ses cinq enfants. Elle ne verra jamais le contrat promis et s'occupera des petits quasiment à temps plein pendant plus de trois semaines, pour 300 euros au total. Une expérience douloureuse. «On n'est pas très regardante quand on est jeune, on ne sait pas ce qui est normal ou non. Le pire, en discutant entre baby-sitters, c'est qu'on se rend compte qu'on se nivelle par le bas. On se dit “oh mais là, tu sais, il n'y a qu'un enfant, et en plus il dort très tôt”.»
Une seule fois, elle a eu un contrat, et...
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