Le chasseur de manuscrits perdus

JournalCNRS - 20/05
Qu’ont en commun un catalogue d’étoiles, un traité sur Platon et un autre de Ptolémée sur un instrument astronomique ? Tous ces manuscrits antiques, que l’on croyait perdus, ont été retrouvés au moyen de technologies d’avant-garde par un chercheur du CNRS, Victor Gysembergh. Portrait.

Il pourrait aisément camper le héros d’un roman de Dan Brown ou d’Umberto Eco. Si Robert Langdon déchiffre les messages que dissimulent les œuvres d’art dans Da Vinci Code, si Guillaume de Baskerville conserve les livres interdits dans Le Nom de la rose, Victor Gysembergh, lui, traque les textes perdus dans les palimpsestes – ces manuscrits recyclés dont les écrits originaux ont été effacés puis recouverts, parfois depuis des millénaires. L’objectif du chercheur est de retracer ainsi l’histoire de la circulation des idées. 

Victor Gysembergh, chercheur en histoire des sciences et de la philosophie antiques | Talents CNRS

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Année de production: 
2026

À la recherche des textes perdus

Ces dernières années, le philologue du Centre Léon Robin de recherche sur la pensée antique1 enchaîne les découvertes de textes majeurs : le catalogue d’étoiles de l’astronome Hipparque de Nicée ; le plus ancien exemplaire d’un traité sur l’œuvre de Platon ; un traité de Ptolémée sur un instrument astronomique complexe appelé « météoroscope »... Dernière en date : une page jusqu’alors présumée perdue du palimpseste d’Archimède. 

L’outil du chercheur d’or scriptural ? L’imagerie multispectrale, notamment, qui permet de révéler, enfouis sous des textes ultérieurs, les écrits originaux. Son terrain d’aventure : des bibliothèques mythiques ou inconnues, des monastères ancestraux, des fonds d’archives papier ou numériques… Tous les ingrédients sont clairement réunis pour composer un nouveau thriller historique. On en feuillette les premières pages dès notre rencontre avec le protagoniste. 

(Très) grande silhouette élégante, cheveux fournis tombant sur un regard bleu, attitude bienveillante, le chercheur de 38 ans nous accueille au 15, rue de l’École de Médecine, à Paris, au cœur du Quartier Latin. Pour se rendre dans son bureau, il faut d’abord traverser le cloître de l’ancien couvent des Cordeliers, puis grimper deux étages des bâtiments historiques de la Sorbonne, jusqu’à la galerie Richelieu. Le roman commence bien.

« Jeu de pistes »

La jeunesse de notre héros est marquée par de brillantes études supérieur...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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