Cannes 2026 - jour 5 : le maître Sorogoyen, le “AI” de Kore-eda, la perf de Marion Cotillard...

Première - 17/05
Tous les jours, le point à chaud en direct du 79e festival de Cannes.

Tous les jours, le point à chaud en direct du 79e festival de Cannes.

Le film du jour : L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen (en compétition)

Drôle d’écho cannois : un an après Valeur sentimentale de Joachim Trier (Grand Prix 2025), où Stellan Skarsgård incarnait un cinéaste cynique proposant à sa fille d’être la star de son nouveau film, Sorogoyen débarque en compétition avec un pitch similaire. Javier Bardem est un réalisateur qui, pour se faire pardonner ses manquements, caste sa fille qu'il n'a pas vue depuis des années. Drôle d‘écho disait-on doublé d’une belle ironie : Skarsgård siège cette année dans le jury de Park Chan-wook.

D’autant que pour l'Espagnol, l’enjeu est majeur. C’est sa première compète, son premier film hors polar, et sans doute ce qu’il a fait de mieux dans sa carrière (ce qui n’est pas peu dire). 

L’Être aimé s'ouvre sur un retard. Cinq minutes. C’est rien. Sauf qu'on perçoit déjà une tension dans la nuque de Bardem. Père et fille ne se sont pas vus depuis très longtemps. Ils essaient de se parler. N’y arrivent pas. Y parviennent quelques secondes, avant d’échouer à nouveau. Cette intro, véritable morceau de bravoure, s’étire pendant vingt minutes, comme regardée à travers une vitre. Et tout le film se tiendra sur cette ligne qui fait penser à du Bergman ou du Pialat. Sorogoyen filme le mélo et la durée comme on tend une corde : juste ce qu'il faut pour qu'elle vibre, jamais assez pour qu'elle casse.

Bardem joue à voix basse et dévore l’écran de son charisme brut. Vicky Luengo, en face, ne lui...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...