Cinq autres batailles pour l’avenir de la Place, selon l’ABBL

PAPERJAM - 16/05
Rencontrés avant leur conférence de presse annuelle, Yves Stein, Jerry Grbic, Sandrine Roux et Ananda Kautz ont détaillé les chantiers sur lesquels ils sont à la fois vigilants et très impliqués. Fonds propres, reporting, Amla, tokenisation, défense: cinq batailles européennes dont l’issue conditionnera la compétitivité du Luxembourg pour la décennie.

Quatre-vingt-dix pour cent. C’est la proportion des bénéfices non distribués des grandes banques européennes qui ont été absorbés, entre 2022 et 2024, par la seule hausse des exigences de capital discrétionnaires – celles que les régulateurs nationaux empilent au-dessus du plancher fixé par Bâle. Pas par les pertes. Pas par la crise. Par la réglementation. Ce chiffre, issu d’une étude publiée en décembre 2025 par la Fédération bancaire européenne (European Banking Federation ou EBF, en anglais) et la Global Association of Risk Professionals (Garp), portant sur 15 banques représentant 66% des actifs bancaires européens, est le fil conducteur de ce que l’ABBL défend depuis plusieurs mois à Bruxelles.

Longue conversation avec le président du conseil, Yves Stein, le CEO, Jerry Grbic, ainsi que Sandrine Roux et Ananda Kautz, autour de cinq thématiques, peut-être moins en vue médiatiquement.

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La bataille des fonds propres

Jerry Grbic entre dans le vif du sujet avec une précision qui suggère qu’il a régulièrement porté cet argument devant des interlocuteurs institutionnels. «80% de l’économie est financée par les crédits en Europe.» Pour accorder ces crédits, les banques doivent mobiliser du capital. Et ce capital, en Europe, coûte structurellement plus cher qu’ailleurs – non pas à cause de Bâle 3, que M. Grbic défend explicitement, mais à cause des couches additionnelles que chaque régulateur national superpose au-dessus. «Les banques s’y conforment très bien», dit-il du plancher bâlois. «Mais quand on regarde les buffers additionnels, ils ajoutent 66% de requirement en plus en fonds propres.»

L’étude EBF-Garp documente l’ampleur du phénomène. Entre 2021 et 2024, le capital CET1 requis au titre des seules discrétions supervisorielles a augmenté de 102 milliards d’euros parmi les 15 banques de l’échantillon – alors que le plancher bâlois, lui, restait stable. Sur les trois années analysées, ces mêmes banques ont généré 112 milliards d’euros de bénéfices non d...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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