Certaines rencontres nous révèlent à nous-mêmes. C’est comme ça que Meryem parle de ses débuts dans la chorale féministe de Châteaubriant, Las Mariposas. Elle dit que sa vie a commencé à ce moment-là, et que jusque-là, ça n’avait été que fuite ou choix par défaut. « Tout était déjà en place à l’intérieur de moi », explique-t-elle, « il fallait juste que je rencontre les gens qui m’autorisent à être moi-même. »
Car au fond, elle a toujours été féministe. Dès son enfance à Casablanca dans cette maison familiale dans laquelle elle étouffe, et où, pour s’échapper, elle doit apprendre à mentir. C’est son aspiration à ne plus vivre sous contrôle qui la pousse à quitter le Maroc pour la France lorsqu’elle a 23 ans. S’en suivent des années d’études, quelques relations aussi, dont une avec un « sale type », qui l’amène à s’installer à Châteaubriant, où elle fait ensuite la connaissance du futur père de ses enfants.
De ces premières années dans le coin, elle se rappelle une solitude extrême. La rencontre avec la chorale et le réseau féministe local change sa perspective. Née dans le sillage de la consolidation d’un premier réseau féministe, Las Mariposas est désormais qualifiée de collective polyphonique par celles qui la font vivre. Son nom lui vient des sœurs Mirabal, militantes dominicaines qui s’opposèrent à la dictature de Rafael Trujillo et furent assassinées le 25 novembre 1960.
C’est en mémoire de leur histoire qu’est choisie la date du 25 novembre comme journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Internationale, la collective de Las Mariposas l’est également, explorant un répertoire en mouvement de chansons de luttes féministes et sur la condition ...
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