Certains s'étonnent que le logement ne soit pas davantage abordé au cours de la campagne électorale. Cela n'a pourtant rien d'étonnant. Les difficultés rencontrées par Christiane Taubira lors des débats organisés par la Fondation Abbé Pierre ne sont pas de nature à inciter les autres candidats à venir sur ce terrain très technique et complexe où les envolées lyriques et les petites phrases ne suffisent pas à satisfaire les électeurs qui réclament du concret. En ce domaine, où entre le lancement d'un projet de construction et sa réalisation il peut s'écouler plusieurs années, il est un peu compliqué de faire des promesses d'un changement rapide.
Emmanuel Macron peut en témoigner. Le choc d'offre dont il avait parlé en 2017 ne s'est pas concrétisé. Les chiffres ne sont pas aussi catastrophiques que ses adversaires veulent bien le dire; la pandémie, avec les mesures de confinement, le report des élections municipales, etc., n'a pas arrangé les choses. Mais les chiffres de logements autorisés et commencés ne marquent aucune inflexion de tendance. L'idée selon laquelle notre système était «bloqué par la surréglementation» était un peu courte.
La loi Élan de 2018, en simplifiant des normes et en accélérant quelques procédures, n'a pas significativement changé la donne. C'est d'autant plus vrai que, par ailleurs, le président a pris des mesures aux effets fortement négatifs, comme la baisse des APL, qui a choqué avec raison, et surtout les ponctions exercées sur les organismes HLM qui réduisent leur capacité à produire des logements neufs.
La France est certainement l'un des pays où les aides sociales au logement et la part des logements sociaux dans le parc locatif sont les plus élevées, avec des résultats qui ne sont pas pleinement sa...
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