« Génération EDR » (Espoir, Dignité et Résistance) est un collectif né en mars 2025 de la convergence de plusieurs organisations de jeunesse : la Jeune Garde (avant sa menace de dissolution), l’Union Syndicale Lycéenne, RED Jeunes et les Étudiants Musulmans de France.
Sa raison d’être est simple, mais essentielle : construire un front commun de lutte contre l’islamophobie, devenue l’un des instruments privilégiés de l’État dans la répression des contestations sociales.
Le 31 mars dernier, le collectif a été informé de l’engagement, par le Gouvernement, d’une procédure de dissolution à son encontre. Il lui est reproché d’avoir « délibérément choisi de s’inscrire dans un activisme violent pour promouvoir son idéologie ».
Il s’agit là d’un prétexte dénué de tout fondement, dont la justice sera saisie si la dissolution du collectif devait être actée par le gouvernement. Inutile, dès lors, de s’attarder sur la crédibilité d’une procédure qui prétend imputer des agissements violents à un collectif dont les activités — tables rondes et campagnes d’affichage — sont publiques et parfaitement identifiables.
Mais se pose alors la question suivante : pourquoi le gouvernement cherche-t-il à dissoudre un collectif dont il ne peut sérieusement établir la violence ?
Cette procédure s’inscrit dans une stratégie de long terme : expérimenter des politiques liberticides contre celles et ceux qui s’organisent face à l’islamophobie.
Au fil des années, les violences institutionnelles se sont intensifiées pour criminaliser ces luttes.
Dissolutions du CCIF et de la CRI, tentative d’interdiction de la rencontre annuelle des Musulmans de France, perquisitions visant le CCIE après la marche contre l’islamophobie en la mémoire d’Aboubakar Cissé, gels d’avoirs, répression des mobilisations en soutien à la Palestine : ces mécanismes se systématisent.
Ce qui se joue dépasse toutefois les seules mobilisations antiracistes. Ce laboratoire répressif tend à s’étendre à l’ensemble du mouvement social, comme en témoigne la répression des mobilisations sociales, écologistes et féministes.
On assiste ainsi à un déplacement : des outils initialement conçus pour encadrer les luttes antiracistes deviennent des instruments de contrôle généralisé pour toutes les formes d’organisation collective.