Elle a la quarantaine épanouie, affable et affirmée. Loin de Célestine, son personnage dans la série Enchaînés, diffusée ce mercredi soir sur France 2, une esclave, main-d’œuvre gratuite, un « bien meuble » parmi tous ceux du propriétaire d’une plantation de café de l’île Bourbon, en 1806. Un rôle qu’elle a failli refuser. « Je venais juste de prendre mon poste en tant que directrice du Centre dramatique national de l’océan Indien. Je savais que ce serait très intense de mener les deux de front, j’ai d’abord décliné l’offre du casting, n’étant pas sûre d’être totalement disponible. »
La production insiste, Lolita reporte par deux fois le rendez-vous, dégage enfin une demi-heure pour apprendre le texte, au calme dans sa voiture. « Il s’est passé quelque chose avec ce personnage, je l’ai tout de suite sentie en moi, cette Célestine-là, confie-t-elle. J’ai l’impression d’avoir été guidée par elle. C’est assez mystique et en même temps puissant et sensible. »
Si elle est familière des fictions tournées à La Réunion, le théâtre est la vraie maison de Lolita Tergémina. Elle compte pas loin de trois décennies sur les planches, d’abord du conservatoire local à l’ex-école de la rue Blanche, fraîchement délocalisée à Lyon, où elle est la première Réunionnaise à réussir le concours d’entrée de l’institut.
« Trois années intenses, qui m’ont fait prendre conscience de toute ma richesse de Réunionnaise, se remémore-t-elle. Je me suis rendu compte pour la première fois en France de ce que signifie être différente : ma couleur de peau, mes cheveux, j’ai eu le sentiment que c’était étrange pour les autres. Un ...
[Courte citation de 8% de l'article original]