En annonçant la fusion de la DINUM et de la DITP, Sébastien Lecornu promet de « remettre de l’ordre » dans le numérique public. La formule résume l’urgence : des cyberattaques qui se multiplient, des clouds internes peu mutualisés, des outils souverains inégalement adoptés, une IA publique encore en phase de test et, au fond, une question de gouvernance que l’État repousse depuis des années : qui pilote réellement son système d’information ?
Il faut remettre de l’ordre dans notre organisation numérique. La formule, publiée sur X par Sébastien Lecornu dans le prolongement de ses annonces du jeudi 30 avril 2026, donne le ton. Ce jour-là, le Premier ministre présente un plan de renforcement de la protection numérique de l’État lors d’un déplacement à l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), devenue France Titres. Deux semaines plus tôt, l’agence avait été touchée par une fuite massive de données concernant potentiellement 11,7 millions de comptes [1][2].
Dans ses messages, Sébastien Lecornu lie clairement la réorganisation à la menace cyber. « La multiplication des vols de données par des cyberattaques est une réalité. Des millions de Français sont concernés », écrit-il. Il cite les services publics du quotidien (hôpitaux, éducation, impôts) et évoque, dans les scénarios les plus graves, la possibilité pour un adversaire de « paralyser le pays ».
La réponse annoncée est à la fois budgétaire, opérationnelle et institutionnelle : 200 millions d’euros mobilisés sur France 2030, fléchage des futures amendes de la CNIL vers un fonds de modernisation du numérique, 5 % des budgets numériques ministériels consacrés au cyber dès 2027, tests de crise, y compris des scénarios de « black-out numérique », et recours à l’IA pour détecter ...
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