IA agentique : pourquoi les DSI doivent repenser leurs SaaS, CRM et ERP

Thierry Derouet - ITForBusiness - 30/04
Avec l’IA agentique, les agents IA ne veulent plus seulement assister les salariés : ils veulent agir dans les SaaS, CRM et ERP.

Satya Nadella avait prévenu : si les agents IA portent demain la logique métier, une partie du SaaS pourrait vaciller. La séquence d’avril 2026 donne corps à cette provocation : OpenAI branche ChatGPT aux outils de travail, Salesforce interroge l’utilité même de se connecter à Salesforce, Adobe promet d’orchestrer ses applications par conversation. Le logiciel ne disparaît pas. Mais celui qui ne sert qu’à cliquer, lui, entre dans une zone de danger.

Pourquoi se connecter encore à Salesforce ? La question de Parker Harris, cofondateur de l’éditeur, résume le basculement en cours. Avec Headless 360, Salesforce acte une rupture : ses fonctionnalités deviennent accessibles par API, outil MCP ou ligne de commande. Les agents n’ont plus nécessairement besoin de passer par l’interface historique. La plateforme demeure. Le navigateur recule.

Cette annonce répond, presque mot pour mot, à une autre provocation. Fin 2024, Satya Nadella avait estimé, dans le podcast BG2, que la notion même d’applications métiers pourrait “s’effondrer” dans l’ère des agents. Son raisonnement : beaucoup d’applications d’entreprise ne sont, au fond, que des bases de données CRUD recouvertes d’une couche de logique métier. Si cette logique remonte dans les agents, ceux-ci peuvent agir sur plusieurs systèmes sans passer par l’interface historique de chaque application.

Il ne faut pas comprendre cette phrase comme l’annonce naïve de la mort du logiciel. Un ERP, un CRM, un SIRH, une plateforme ITSM ou un outil de création ne valent pas seulement par leurs écrans. Ils valent lorsqu’ils portent de la donnée fiable, des droits, des règles métier, de la conformité, des engagements contractuels, de la traçabilité et une mémoire opérationnelle que l’on ne reconstitue pas en trois prompts.

Mais le logiciel dont la valeur se limite à faire cliquer l’utilisateur dans un tunnel rigide, lui, devient vulnérable. Dans l’ancien monde, un logiciel valait parce qu’il organisait l’écran. Dans le monde agentique, il vaudra s’il organ...
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