«Des gens sont morts devant nos yeux»: sur la Route de l'Est, le calvaire des migrants

France Guyane - 29/04
Sur une vaste plaine sablonneuse de Djibouti, brûlée par le soleil, des groupes d'hommes marchent vers un lointain chez eux après avoir échoué à rejoindre le Yémen via la Route de l'Est reliant Corne de l'Afrique et péninsule arabique, une des routes migratoires les plus dangereuses du monde.

Leurs traits sont tirés, leurs corps amaigris. Certains disent n'avoir rien mangé depuis plusieurs jours. Seuls quelques acacias faméliques offrent parfois un peu d'ombre. En ce mois d'avril, pour les Djiboutiens c'est "l'hiver" et il fait 35°C.

Comme l'immense majorité des migrants empruntant cette route, Jemal Ibrahim Hassan vient de l'Ethiopie voisine, deuxième pays le plus peuplé du continent avec quelque 130 millions d'habitants, en proie à de multiples conflits armés.

Il a lui-même quitté sa région, l'Amhara, à "cause de la guerre" opposant rebelles et forces fédérales.

"Nous n'avions plus d'endroit où vivre en paix", souligne le jeune homme de 25 ans qui gagnait sa vie comme fermier quand il a quitté son village du nord de l'Ethiopie, direction Djibouti. Un parcours d'environ 550 km à pied, soit 15 jours de marche. "Nos pieds étaient enflés et couverts d'ampoules", raconte-t-il.

Un soir, il embarque dans un bateau surchargé en direction du Yémen. Plusieurs heures plus tar...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...