Google Cloud Next 2026 (Partie 1) : L’entreprise agentique entre en production

Laurent Delattre - ITForBusiness - 23/04
A Cloud Next 2026, Google refond Vertex AI en plateforme agentique pour bâtir, gouverner et industrialiser des flottes d’agents IA.

À l’occasion de son Google Cloud Next 2026 qui s’est ouvert cette semaine, l’hyperscaler s’est évertué à démontrer que l’IA agentique n’est plus une promesse mais un moteur industriel. Voici ce que les DSI, RSSI et CDO doivent retenir de cette édition qui se tient cette semaine à Las Vegas. Cette première partie se focalise sur le cœur de la nouvelle plateforme agentique de l’éditeur.

S’il fallait résumer l’année 2026 d’un DSI en un objectif, ce serait « industrialiser l’IA agentique ». Après deux années passées à empiler des POCs, des copilotes et des chatbots conversationnels, les DSI réclament désormais des plateformes capables d’orchestrer des flottes entières d’agents, de les gouverner, de les sécuriser, de les observer et, accessoirement, de démontrer leur ROI. La conversation est passée de « peut-on construire un agent ? » à « comment en piloter des milliers ? ».

Tous les grands éditeurs y vont de leur réponse. Microsoft a musclé Copilot Studio et Microsoft 365 Copilot pour en faire une plateforme d’orchestration agentique complète, avec Agent 365 et Copilot Cowork comme fer de lance. AWS mise sur Bedrock AgentCore et ses agents spécialisés adossés aux modèles Nova. Salesforce pousse son offre Agentforce 360 au cœur de sa Customer 360. ServiceNow décline ses AI Agents dans Now Platform, Oracle son AI Agent Studio, Adobe a lancé CX Enterprise pour l’expérience client agentique. Sans oublier OpenAI, qui capitalise sur Frontier et Codex. Tous ont compris que la vraie bataille n’est plus celle du modèle frontière, mais celle de la plateforme qui orchestre l’IA agentique dans l’entreprise.

Google, lui, a anticipé ce virage très tôt. Fin 2024, l’hyperscaler dégainait déjà Google Agentspace, un hub agentique destiné à permettre aux employés de découvrir, créer et exécuter des agents sur leurs données d’entreprise, boosté par la recherche Google et par Gemini. L’outil est resté en preview plus d’un an, le temps pour l’éditeur d’affiner sa copie. En octobre 2025, Google franchissait une nouvelle étape en annonçant Gemini Enterprise, un produit-ombrelle censé devenir « le système de bout en bout de l’ère agentique ».

Et Google est venu cette année à Las Vegas avec plus de 200 annonces dans son escarcelle pour faire avancer sa vision des organisations agentiques.

Mais au-delà du flux de nouveautés, l’hyperscaler a surtout cherché à démontrer une chose : que des entreprises passent réellement à l’action, et à grande échelle. Thomas Kurian, CEO de Google Cloud, a enchaîné sur scène les démonstrations client et les partenariats emblématiques. Vodafone annonce des centaines d’agents en production pour délivrer un service client ininterrompu, avec des économies attendues chiffrées en millions d’euros par an. American Express migre un data warehouse on-premises et des centaines d’applications de production vers BigQuery pour alimenter un commerce agentique à l’échelle. Virgin Voyages opère déjà plus de 1 000 agents spécialisés, dont un qui fait tomber le re-routing d’itinéraires de masse de six heures à onze minutes. Tata Steel revendique 300 agents en production. The Home Depot parle d’agents vocaux quatre fois plus rapides que les solutions précédentes. Merck officialise une stratégie « agentic-first » en R&D adossée à un accord pouvant atteindre un milliard de dollars. ...
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