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Un descendant d’esclavagistes s’excuse publiquement, un geste inédit en France : Actualités - Orange
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19/04
Près de trois siècles après la traite négrière, Pierre Guillon de Princé a présenté des excuses publiques pour les actes de ses ancêtres. Une première en France.
Le temps n’a pas effacé la dette de mémoire. À 85 ans, Pierre Guillon de Princé est devenu le premier descendant d’armateurs négriers français à demander publiquement pardon pour les actes de ses ancêtres. La scène se déroule le samedi 18 avril, à l’occasion de l’inauguration d’un espace mémoriel dédié à l’esclavage colonial sur l’île de Nantes, en présence notamment de Louino Volcy et de Dieudonné Boutrin.
Face à eux, dans un discours empreint de gravité, l’octogénaire assume l’histoire familiale. "C’est un soulagement pour moi, Pierre Guillon de Princé, descendant d’une famille d’armateurs négriers nantais, de pouvoir présenter mes excuses pour les actes de mes ancêtres", déclare-t-il, selon une retranscription publiée par Presse Océan.
Ces ancêtres ont un nom : Daniel Jean Guillon (1720-1799) et Jean Baptiste Christophe Guillon (1745-1811). Leur activité, elle, s’inscrit dans l’une des pages les plus sombres de l’histoire maritime française. "Entre 1766 et 1789, (mes ancêtres) armèrent six navires pratiquant la traite atlantique triangulaire, entre Nantes et Saint-Domingue. Soit dix-huit départs de Nantes entre 1766 et 1788, ayant arraché 4 500 captifs de leur terre, dont plus de 200 périrent en mer", précise-t-il, comme le rapporte le Parisien.
Un don de 5 000 euros à l’association Haïti Futur
Cette prise de parole s’enracine dans une rencontre, en 2021, avec Dieudonné Boutrin, Martiniquais descendant d’esclaves et fondateur de l’association La Coque Nomade-Fraternité. "Cette rencontre m’a permis de concrétiser mon désir d’agir pour une justice réparatrice face au racisme et autres discriminations contemporaines", confie-t-il à BFM.
Le geste se veut plus emblématique. "C’est vers l’ensemble des communautés de la Caraïbe que je présente mes excuses, pour l’impact du racisme sur leur vie quotidienne, leur santé et leur bien-être, avec une compassion toute particulière vers le peuple d’Haïti, doublement agressé par l’esclavage et par la dette injuste qui lui a été imposée."
À ces mots s’ajoute un engagement matériel, quoique revendiqué comme modeste. L’octogénaire annonce un don de 5 000 euros à l’association Haïti Futur, ainsi qu’un soutien financier durable. Une contribution qu’il qualifie lui-même de "symbolique", "qui n’est pas à la mesure des souffrances infligées aux populations victimes de l’esclavage colonial au XVIIIe siècle". Il promet : "Mais je m’engage à continuer à soutenir dans le temps l’activité de cette association par prélèvements périodiques automatiques, tant que Dieu me prêtera vie."
Près de trois siècles après la traite négrière, Pierre Guillon de Princé a présenté des excuses publiques pour les actes de ses ancêtres. Une première en France.
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