"La Chine ne cherche pas une confrontation avec l'Amérique qui conduirait à un désastre pour le monde... La relation entre Pékin et Washington a des répercussions profondes et mondiales, et se tourner le dos ne mènera qu'à des malentendus et à des erreurs de jugement."
Le 12 mars 2026, l'Assemblée populaire nationale de Chine a ratifié le 15e Plan quinquennal (2026-2030), une feuille de route économique et stratégique qui jette les bases de l'essor continu de la Chine pour les cinq prochaines années. La ratification a eu lieu au Grand Palais du Peuple à Pékin, alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran entrait dans sa troisième semaine, au plus fort d’une escalade militaire qui comprenait des frappes sur les ports et les installations énergétiques de la région, et coïncidait avec de graves perturbations sur les marchés de l’énergie et une hausse notable des prix du pétrole, en plus des inquiétudes croissantes concernant la sécurité des voies maritimes, en particulier le détroit d’Ormuz.
Avec les développements ultérieurs, notamment la fermeture du détroit d'Ormuz et l'escalade des mesures de blocus des ports iraniens par Washington suite à l'échec des négociations américano-iraniennes au Pakistan, les marchés de l'énergie sont entrés dans une nouvelle phase de choc inflationniste, qui s'est reflétée dans les fortes fluctuations des prix du pétrole pendant la guerre, qui ont inclus de fortes hausses et des baisses temporaires avec des pourparlers de calme, à la lumière de l'incertitude persistante concernant les approvisionnements et le trafic de navigation dans le détroit par lequel 45 % des importations chinoises d'énergie passer.
Ce chevauchement entre escalade militaire et troubles économiques survient à un moment politique sensible pour Pékin, en particulier avec les préparatifs en cours pour la visite attendue du président américain Donald Trump en Chine en mai prochain, et les affirmations chinoises qui l’accompagnent sur l’importance d’éviter la confrontation avec Washington et de maintenir des canaux de communication avec lui, dans un contexte que Pékin décrit comme nécessaire pour éviter les « erreurs de calcul » dans les relations bilatérales.
Par conséquent, bien que ces développements en Iran et au Moyen-Orient affectent certains intérêts chinois vitaux, la position de Pékin n’a pas dépassé les limites d’une « profonde préoccupation » et d’un appel à l’arrêt des opérations militaires. Plus important encore, il a évité d’utiliser le mot « condamnation » de la guerre elle-même, un mot qu’il a clairement utilisé lors de la guerre des Douze Jours en juin 2025, lorsqu’Israël menait seul les opérations militaires. La Chine n'a pas utilisé le mot « condamnation » pendant la guerre actuelle, sauf à deux reprises, le premier après l'assassinat du dirigeant iranien Khamenei, et le deuxième lorsqu'elle a évoqué le fait de cibler des civils, sans préciser à qui s'adresse cette condamnation.
« La Chine n’a pas utilisé le mot condamnation pendant la guerre actuelle, sauf à deux endroits : le premier après l’assassinat du dirigeant iranien Khamenei, et le deuxième lorsqu’elle a évoqué le fait de cibler des civils. »
Ce changement ne reflète pas seulement une différence linguistique, mais révèle plutôt des calculs chinois précis liés à la nature de la guerre actuelle, aux relations avec les États-Unis et au réseau complexe d’intérêts qui relie Pékin à l’Iran, aux États arabes du Golfe et à Israël. Ce qui ouvre des questions fondamentales sur la façon dont Pékin lit cette guerre et les limites de son engagement diplomatique à la lumière d’une crise où se croisent...
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