Tiques sous haute surveillance

JournalCNRS - 13/04

Les tiques, qui reviennent avec le printemps, peuvent transmettre aux humains la maladie de Lyme, très grave, mais aussi d’autres affections. Pour mieux les comprendre et améliorer les traitements, les chercheurs disposent désormais d’une « tiquothèque » de 80 000 spécimens.

Les tiques sont des acariens qui se nourrissent du sang des humains et de la faune, sauvage ou domestique. Elles piquent 1 personne sur 20 chaque année en France, et environ 50 000 personnes sont alors infectées par la bactérie responsable de la maladie de Lyme.

Les personnes plus exposées sont les enfants, qui jouent dans la nature et les parcs, mais aussi les plus de 50 ans, qui jardinent ou se promènent. Car les tiques, contrairement à une idée reçue, ne sévissent pas seulement dans la forêt ! Elles vivent dans les jardins (1 piqûre sur 4) et entrent dans les maisons, via les rongeurs ou les chiens.

Le cycle de développement d’une tique est connu. L’acarien pond ses œufs dans la nature. L’œuf devient une larve, qui attend, postée sur une herbe. Dès qu’un animal comme un rongeur ou un oiseau passe, la larve s’y agrippe. Elle se nourrit de son sang, se détache, puis se transforme en nymphe. Après sa première mue, la tique attend qu’un nouvel hôte passe à sa portée pour s’y accrocher. Elle prend alors un second repas de sang, qui lui permet de devenir adulte. Une tique gorgée de sang peut multiplier son volume par 40 !

Ce manakin à tête d’or (Dixiphia erythrocephala) de Guyane porte une tique sous l’œil droit.

Troubles articulaires et neurologiques

La piqûre est indolore, car la salive de la tique contient des antidouleurs. En revanche, en se nourrissant du sang des êtres vivants, la tique peut transmettre des virus et des bactéries, même lorsqu’elle est une nymphe d’environ 1 mm de diamètre, difficilement repérable.

Dans la grande majorité des cas, aucun pathogène n’est transmis. Une étude de l’Inrae sur 2000 tiques piqueuses d’humains (programme CiTIQUE1) montre que 27,7 % d’entre elles portent un agent potentiellement pathogène. Pour autant, ce n’est pas parce que la tique porte des agents pathogènes qu’elle les transmet à son hôte. Le risque d’être effectivement contaminé après une piqûre reste très faible, entre 1 % et 4 %. Ce chiffre varie selon les ré...
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