Goyle, Chert, Mire de Jean Sprackland (Jonathan Cape, 13 £) Les 45 sonnets sans rimes du sixième recueil de Sprackland se fondent en trois séquences entrelacées envoûtantes. Situés dans les Blackdown Hills, une région isolée entre le Somerset et le Devon, les poèmes explorent la friction entre l'art et l'articulation, l'habitat et l'habitation. Ici, le paysage n'est pas une toile de fond mais un événement linguistique : « une goutte s'enfle sur le bord d'une feuille et tombe / comme une parole qui se dit ». En supprimant la première personne du début à la fin, Sprackland nous fait rencontrer le paysage intimement : il n'est pas médiatisé par l'intériorité d'un locuteur mais par le « silence moussu », « le grondement de la moissonneuse-batteuse », « le bruit / de l'eau de fonte déferlant sur les pierres », ou « les morceaux brisés de vous-même ». Éclipsés par une maladie sans nom, les poèmes portent des blessures mais ne diffusent pas la souffrance ; cette retenue favorise une attention minutieuse aux « mouche...
[Courte citation de 8% de l'article original]