À 80 kilomètres au sud de Beyrouth, dans le quartier chrétien de Tyr, l’église melkite Saint-Thomas s'est vidée en seulement quelques jours. Les icônes et les peintures ont été retirées à la hâte. Ne restent que les bancs occupés par quelques habitants refusant le départ. Au fond de la nef, un prêtre lève les yeux vers la dernière icône encore accrochée au mur : "Ils (l’armée israélienne, N.D.L.R.) arrivent. On doit évacuer notre patrimoine". À Tyr, comme partout ailleurs dans le sud du pays, désormais classé zone rouge, les frappes meurtrières se déchaînent. Alors, dans le chaos de cette nouvelle guerre, on protège ce qui peut encore l'être, tandis qu'à l'extérieur les bombardements s’intensifient, sans répit. Dans la nuit du 1er au 2 mars 2026, Israël a lancé une offensive contre le Liban, en réponse aux tirs de roquettes du Hezbollah en soutien à l’Iran. Depuis, dans le sud du pays, comme dans la Békaa et dans la banlieue de Beyrouth, les ordres d’évacuation se succèdent, jetant sur les routes plus d’un million de civils, soit un Libanais sur cinq, pris dans un étau qui se resserre. Au 31 mars, 1268 personnes ont été tuées et 3750 blessées...
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