Un nouveau ver plat qui menace nos jardins

Jean-Lou Justine et Leigh Winsor - Futura Sciences - 03/02
La science participative a permis de découvrir un nouveau ver plat déjà présent en Europe. Aperçu dans les Pyrennées-Atlantique et en Italie, Humbertium covidum est une nouvelle espèce exotique...

La science participative a permis de découvrir un nouveau ver plat déjà présent en Europe. Aperçu dans les Pyrennées-Atlantique et en Italie, Humbertium covidum est une nouvelle espèce exotique invasive dont les caractéristiques du génome ont pu être différenciées grâce aux techniques modernes de la biologie moléculaire. Cette découverte est une nouvelle illustration du phénomène moderne de mondialisation...

Une centaine de nouvelles espèces, animales ou végétales, sont décrites chaque année en France métropolitaine. Dans la plupart des cas, il s'agit d'espèces autochtones, présentes chez nous depuis longtemps, mais qui avaient échappé jusqu'ici à l'attention des scientifiques. De manière bien différente, nous rapportons maintenant l'existence d'une espèce nouvelle trouvée en France, mais qui a été introduite, et même qui est potentiellement capable d'envahir nos jardins.

Cette espèce, c'est un ver plat, grande comme une phalange de votre petit doigt. L'espèce est allongée, avec une tête plus large, comme tous les vers plats à tête en forme de marteau. Alors que les autres vers plats tendent généralement vers le marron ou le jaune, sa couleur est tout à fait extraordinaire : totalement noire, elle fait penser à du « métal liquide ». Son nom : Humbertium covidum - nous reviendrons sur ce nom plus loin.

Comment différencier les espèces ?

Depuis une dizaine d'années, nous savons que des vers plats ont envahi les jardins de France. Notre équipe a ainsi rapporté et cartographié l'invasion par plusieurs espèces : le ver plat de Nouvelle-Guinée (Platydemus manokwari), les vers géants à tête en forme de marteau (surtout Bipalium kewense) et le bizarrement nommé Obama nungara, qui à lui tout seul a envahi plus de 70 départements métropolitains. Nous avons aussi rapporté des invasions récentes en outremer.

Sa couleur est tout à fait extraordinaire : totalement noire, elle fait penser à du « métal liquide »

Pour donner un nom à une espèce, les scientifiques doivent convaincre qu'elle est nouvelle, et donc expliquer en quoi elle est différente des espèces déjà connues. Dans tous les cas, il faut décrire avec précision les formes et les couleurs.

Très souvent, il faut aussi décrire avec une grande précision les organes sexuels des espèces, qui sont différents et caractéristiques. C'est là qu'un problème se pose pour les vers plats : certaines espèces se reproduisent seulement de manière asexuée, et donc n'ont tout simplement pas d'organes sexuels. On imagine le problème pour les différencier. C'est pour cela que nous avons utilisé les techniques modernes de la biologie moléculaire pour cara...
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