Une nouvelle étude vient renforcer l'idée que l'eau de la Terre était déjà disponible dans le disque protoplanétaire, bien avant la formation des planètes du Système solaire.
D'où vient l'eau présente sur Terre ainsi que sur les autres corps planétaires du Système Solaire ? Voilà une question depuis longtemps débattue, qui nécessite de remonter le temps, avant même la formation de notre Planète. Et pour cela, rien de tel que l'étude des météorites primitives.
Des chercheurs de l'Institut de Minéralogie de Physique des Matériaux, de Minéralogie et de Cosmochimie, de l'Université Paris-Saclay et de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour se sont donc intéressés à la composition isotopique de l'hydrogène de minéraux présents dans certaines météorites retrouvées sur Terre. Ces météorites, dites « primitives » (chondrites), sont en effet les témoins de la composition originelle de notre Système solaire.
Leur étude permet donc de savoir quels étaient les isotopes de l'hydrogène présents au moment de la formation du Système solaire. La recherche de l'origine de l'eau peut en effet être envisagée par l'étude des compositions isotopiques des deux éléments chimiques qui la composent : l'hydrogène et l'oxygène. Naturellement, l'hydrogène possède trois isotopes, qui sont notés 1H (protium), 2H (deutérium) et 3H (tritium). Ils correspondent aux différentes configurations possibles du nombre de neutrons et de protons au sein du noyau atomique. Ce sont en quelque sorte des sosies d'un même élément chimique, mais présentant chacun quelques subtiles différences. Parmi ces trois isotopes, c'est le deutérium (D, ou 2H) qui intéresse particulièrement les chercheurs. Et plus précisément son ratio par rapport au Protium (H, ou 1H), qui est l'isotope le plus fréquent sur Terre.
Cependant, mesurer la composition isotopique de l'hydrogène au sein de minéraux formés sous très faible pression et très haute température représente un challenge technique. L'un des problèmes réside dans le fait que la plupart des météorites ont subi des altérations chimiques suite à la circulation de fluide après leur phase d'accrétion. Ces altérations ont tendance à masquer le signal correspondant à la composition primaire héritée du disque protoplanétaire.
Les scientifiques ont donc dû soigneusement sélectionner les chondrites à étudier, favorisant cel...
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