Quoi que vous fassiez, ne pensez pas à un oiseau.
Maintenant : à quel genre d’oiseau ne pensez-vous pas ? Un pigeon ? Un pygargue à tête blanche ? Quelque chose de plus poétique, comme une alouette ou un rossignol ? Dans tous les cas, diriez-vous que cet oiseau auquel vous ne pensez pas est réel ?
Avant de répondre, lisez ce poème, qui parle littéralement de ne pas penser à un oiseau.
La première chose à remarquer est la clarté calme et simple du langage.
La douzaine de vers du poème englobent une série de déclarations exprimées dans des mots familiers et ordinaires – à une exception notable près à la fin.
Celui qui parle semble dire exactement ce qu’il veut dire, sans ornement ni rhétorique.
Mais que dit-on ? La deuxième chose à remarquer est que ce poème, malgré toute sa lucidité, est difficile. Il s’éloigne de nos tentatives de compréhension.
Les mots passent de l’imagerie concrète à l’abstraction et vice-versa. Un tableau est peint et en même temps une idée est explorée, même si voir et penser ne sont pas faciles à distinguer.
Que faisons-nous dans ces lignes d’ouverture ? On nous dit que nous sommes dans un endroit où l’activité mentale a cessé, comme s’il existait en nous une frontière physique au-delà de laquelle tout ce que nous savons est ce que nous voyons. Dans ce cas, un arbre avec un oiseau dedans.
Sommes-nous en train de rêver ? En train de mourir?
L'atmosphère évoque un coucher de soleil tropical.
Il semble erroné de supposer que l’oiseau est le produit de notre imagination, mais que pourrait-il être d’autre ? De quel genre d'oiseau s'agit-il ? Que fait-il dans nos têtes ?
Chanter, ce que font généralement les oiseaux dans les poèmes. La plupart des poèmes sur les oiseaux exploitent la similitude entre le chant des oiseaux et la poésie. Un oiseau et un barde sont des âmes sœurs.
Mais pas ici : cette chanson est étrangère, inhumaine, incompréhensible.
Cet oiseau n’a rien à voir avec nous, ne signifie rien pour nous et n’a donc aucune incidence sur notre état d’esprit.
Une fois qu’o...
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