Il aurait peut-être fallu lui couper la parole mais on a préféré laisser couler le flot ininterrompu de ses mots choisis et de ses pensées obliques en s’astreignant tout juste à aiguiller la conversation pour tâcher de comprendre ce qui a pu pousser Mathieu Saura, alias Vincent Moon, à réaliser pas moins de 1 700 films en moins de deux décennies. Véridique, et 200 pour la seule année dernière. Ils n’excèdent parfois pas les dix minutes, approchent souvent de la demi-heure, mais ont tous été pensés, mûris par ce quarantenaire hyperactif.
Avec pour point commun d’appréhender le pouvoir de la musique, dans son expression la plus pure, cathartique et cérémonielle. Il lui a fallu partir sur tous les continents, se frotter aux tribus indiennes du Brésil, aux mystiques vietnamiens comme aux pêcheurs des Grands Lacs africains. Lui appelle ça « danser avec le réel ».
« La musique m’a toujours fasciné dans son rapport d’expression directe, d’abord sous forme du concert. En plongeant dans les cérémonies, je me suis rendu compte d’où venaient les concerts. Et des pouvoirs thérapeutiques, originels, de la musique, annihilés ou asséchés dans la culture musicale occidentale. »
Un travail qui ressemble à une quête et que Vincent Moon donne à voir sous le titre Petites planètes sur son site vincentmoon.com, planisphère sur lequel la souris vagabonde de continent en continent en ouvrant des fenêtres sur des moments de grâce. Voyage grisant, fascinant que le réalisateur s’est fait un devoir de partager gratuitement. « Mettre tous mes films en open source, ce n’est pas un truc à côté : l’idée de non-propriété est au c...
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