Cet article est publié en partenariat avec la revue Dialogues économiques, éditée par Aix-Marseille School of Economics
Dans l’imaginaire collectif, les lobbys incarnent des forces occultes capables de détourner l’action publique. Le terme de « lobbying » convoque toutes sortes d’images qui tiennent plus de la corruption que de l’influence : celles du pot-de-vin et de l’échange de bons procédés, convenus lors d’accords murmurés au détour d’un couloir entre un élu et un lobbyiste.
Contrairement à la corruption, le lobbying n’a pourtant rien d’illégal. La pratique est même juridiquement encadrée – en France, par la loi dite « Sapin 2 » et par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, qui imposent aux représentants d’intérêts de déclarer leur identité, les organismes qu’ils représentent et les moyens mis en œuvre à des fins d’influence du processus législatif. À l’échelle européenne, plus de 16 000 organisations figurent au registre de transparence1.
Dans les faits, le lobbying prend des formes diverses : fourniture d’expertise, recommandations, participation à des auditions parlementaires. Tout citoyen doté d’un sens civique aigu peut en principe écrire au député ou sénateur de sa circonscription. Mais rares sont ceux capables de produire un amendement « clé en main » comme ceux qui ont été repris presque mot pou...
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