Le 4 décembre 2025, le président rwandais Paul Kagame et son homologue congolais Félix Tshisekedi – connu chez lui sous le nom de « Fatshi » – étaient assis dans le bureau ovale aux côtés de Donald Trump, qui présidait comme un arbitre un match de championnat de boxe.
Mais il ne s’agit pas ici d’une reprise du célèbre « Rumble in the Jungle » de Muhammad Ali où il élimine George Foreman au 8ème round dans un stade de Kinshasa.
Les deux dirigeants pouvaient à peine se regarder. Pourtant, ils ont signé un accord de paix destiné à mettre fin à l’un des conflits les plus insolubles d’Afrique : la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L'optique était puissante. La réalité était tout autre.
Avant que l’encre ne sèche, les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda se sont affrontés avec une force massive composée de troupes congolaises, d’unités burundaises, des « entrepreneurs » du chef mercenaire Erik Prince et des milices locales « Wazalendo » sur la rive nord du lac Tanganyika. Des centaines de civils – hommes, femmes, enfants – ont été massacrés. Des centaines de milliers de personnes ont fui. La ville d'Uvira, à la frontière du Burundi, est tombée brièvement aux mains du M23 avant que les rebelles ne se retirent, pour la reprendre plus tard.
De retour à Washington, Trump recevait un « prix de la paix » de la Fifa, citant l’accord Rwanda-RDC comme l’une des huit réalisations qui, selon lui, méritaient de remporter le prix Nobel de la paix. (À son grand regret, le véritable prix venait d’être décerné à la politicienne vénézuélienne Maria Corina Machado.) Si quelqu’un en dehors de la région avait prêté attention, la juxtaposition aurait pu paraître grotesque.
Cette semaine, les délégations rwandaise et congolaise ont été convoquées une nouvelle fois à Washington pour relancer l’accord, après quoi elles ont publié une déclaration commune avec l’administration Trump. Le Rwanda s'est engagé à se retirer partiellement de la RDC (vers Goma), et la RDC a accepté de s'en prendre aux milices FDLR, que le Rwanda considère comme une menace à la sécurité liée au génocide de 1994. Les deux parties se sont engagées une fois de plus à protéger les civils dans la zone de guerre.
Même si la diplomatie vacille, la guerre évolue.
L'armée congolaise a commencé à déployer des drones à longue portée – systèmes chinois CH-4 et plates-formes turques Anka – opérés avec l'aide de techniciens serbes. Le M23 a répondu en ...
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