Sa paume caresse le bel objet, palpe longuement la couverture, épouse le grain du papier... Ysaora Thibus est l'heureuse rédactrice en chef de Nineteen Hundred dont la deuxième édition vient de sortir. « J'ai donné mon avis sur chaque page, chaque élément », lance la fleurettiste. Comment nommer la chose ? Près de 400 pages, un graphisme haut de gamme, des histoires intemporelles sur « la résilience du corps et de l'esprit » des femmes, des photos artistiques, de la mode.
Va donc pour « beau magazine », qui se veut annuel, comme on dit « beau livre ». Pas celui qu'on abandonne sur la table basse de son salon bourgeois pour s'afficher en personne de goût. Plutôt celui qu'on ouvre au calme pour un temps de lecture de qualité, dans lequel on plonge en quête de mots qui accrochent et d'images qui restent.
Le Nineteen Hundred 2026 fait converser tout en complicité la sabreuse Manon Apithy-Brunet, dorée aux JO en 2024, et la judoka Clarisse Agbegnenou, triple championne olympique à Tokyo et Paris, sur le thème de la maternité. Il emmène à Atlanta pour un portfolio d'enfer sur des majorettes qui déchirent. Il écoute sur la longueur l'intense récit de la para-taekwondoïste franco-afghane Zakia Khudadadi, photographiée en créature céleste. « J'ai voulu ce projet afin d'en venir à une exposition différente du sport féminin », explique Ysaora Thibus, qui enfile parfois le rôle de l...
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