Pendant près d’un siècle, la Fiancée de Frankenstein fut une icône silencieuse. Elle n'est apparue à l'écran que quelques minutes et n'a pas prononcé un seul mot, mais son image avec la coiffure électrique, le regard d'horreur, le geste de rejet... en a fait l'une des personnes les plus reconnaissables de l'imaginaire du XXe siècle. Son silence à l'écran, noyé par le personnage masculin, était une question suspendue dans le temps. Que pensait cette femme, ramenée de la mort sans son consentement ? Maggie Gyllenhaal a décidé de donner la parole à cette question. Son nouveau film The Bride part de cette fissure dans l'histoire classique pour construire une histoire sur l'identité, le désir et la rébellion. Avec un talent monstrueux, Gyllenhaal dialogue entre le mythe et la tradition qui le soutenait. Le réalisateur reprend l'héritage littéraire et cinématographique de Mary Shelley pour l'interroger depuis le présent et se demander ce que signifie aujourd'hui se réveiller dans un monde qui a déjà décidé qui il devrait être. Devant la caméra, Jessie Buckley incarne cette créature en train de reprendre vie. Son interprétation explore l’étrangeté d’habiter une chair reconstruite aimant quelqu’un qui ne se connaît pas.
Dans cette conversation avec Gyllenhaal et Buckley, tous deux réfléchissent à l'origine de The Bride, au défi de donner une voix à ceux qui n'en ont jamais eu et à la volonté d'embrasser le monstrueux comme une forme de vérité. Ils parlent aussi de création, de risque, d'Oscar, de collaboration, de leur rare complicité artistique qui fait de ce film un voyage absolument nécessaire. Le film propose une réflexion sur les parties de nous-mêmes qui ont été qualifiées d'excessives ou d'inacceptables et qui pourtant nous constituent.
GLAMOUR : Maggie, comment est née votre inspiration pour créer ce film ?
MAGGIE GYLLENHAAL : Je suis allée voir le film origi...
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