Des patientes peu écoutées

JournalCNRS - 06/03
À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, la sociologue Muriel Darmon décrypte pourquoi la parole des femmes est peu écoutée par le monde médical, qui tend à sous-estimer la gravité de leurs symptômes. Troisième et dernier volet de notre série consacrée à la santé féminine.

Selon une récente étude1 de la Fondation hospitalière de France, 51 % des femmes estiment que leurs symptômes ont déjà été ­minimisés par un professionnel de santé. Leur parole serait-elle moins bien entendue que celle des hommes ?

Muriel Darmon 2 Elle est en tout cas reçue d’une façon moins efficace par les professions médicales, d’après les études menées au sein de Gendhi, le projet de recherche sur les inégalités de genre en santé que je copilote. Lorsque les femmes expriment leurs symptômes, les médecins ont en effet tendance à les minimiser ou à les renvoyer à une cause psycho­logique3 (stress, crise d’angoisse, dépression…).

Lorsque les femmes expriment leurs symptômes, les médecins ont tendance à les minimiser ou à les renvoyer à une cause psycho­logique - stress, crise d’angoisse, dépression…

Leurs symptômes sont souvent expliqués par autre chose que par la pathologie réelle. Ainsi, un certain nombre de femmes qui ont fait un infarctus ou un AVC ont pu s’entendre dire : « Calmez-vous, reposez-vous, on verra après… » Elles sont donc confrontées à des pratiques de relativisation, de découragement et de ps...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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