«Mascarade», «piétinement du Parlement», «humiliation», «déni de démocratie»... Les qualificatifs des parlementaires sont particulièrement forts ce jeudi 1er avril dans les travées de l'Assemblée nationale et du Sénat.
Au lendemain de l'allocution télévisée du président de la République, suivie par près de 327 millions de Français, comment légitimer que le débat parlementaire se tienne alors que les mesures sanitaires sont déjà annoncées par Emmanuel Macron? En toute logique, les oppositions désertent l'hémicycle et ne participeront pas au vote.
Plus de 26 millions de téléspectateurs (hors chaînes infos) hier à 20h devant l'allocution d'Emmanuel Macron : TF1 : 12,64 millions (37,2% de PDA) France 2 : 9,92 millions (29,2% de PDA) M6 : 3,32 millions (9,8% de PDA)#Macron20h pic.twitter.com/LnOfoioFYb
— Benjamin Rabier (@benjaminrabier) April 1, 2021
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L'accusation de manque de transparence n'est pas nouvelle. Elle a commencé dès le début de la pandémie. Du Conseil scientifique au Conseil de défense sanitaire, la création d'instances en dehors des institutions prévues par la Ve République pour gérer la crise interroge. Les décisions sont entérinées en Conseil de défense, une instance dont les citoyens ne connaissent toujours pas la composition précise ni les principes qui guident la décision. Et à la clé, le président décide seul, parfois contre son Premier ministre et ses ministres, sans porter le débat devant le Parlement, qui entérine, depuis un an, les mesures a postériori. «C'est toujours merveilleux, tempête Clémentine Autain, députée LFI et candidate à la présidence de la région Île-de-France, le président s'exprime, et le lendemain, le Premier ministre vient devant la représentation nationale et demande un vote qui adopte les mesures. C'est un non-respect flagrant du Parlement!»
Une accusation qui n'est pas nouvelle à l'endroit d'Emmanuel Macron, accusé de fouler au pied la représentation nationale. «Cela avait déjà commencé avec sa volonté de réunir le congrès à Versailles. Nous avions refusé!, poursuit Clémentine Autain. Déjà, dès le début de son mandat, c'était Jupiter décide tout et tout le monde obtempère. La crise sanitaire n'a fait que révéler cette dimension solitaire de l'exercice du pouvoir. On a par ailleurs débattu d'une loi sur le “séparatisme” durant des semaines... et pourtant, nous n'avons eu aucun débat sur la réponse à la crise, sur les vaccins, les...
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