Mort de Quentin Deranque : comment déradicaliser les militants violents ?

Victor GarciaPublié le 28/02/2026 à 16:00 - L'Express - 28/02
La mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque à Lyon relance le débat sur les violences politiques. Au-delà de l'émotion, que sait la recherche sur la déradicalisation ? Peut-on ramener les plus extrêmes à la raison ?

La mort de Quentin Deranque, 23 ans, membre de la mouvance identitaire lyonnaise, deux jours après une rixe qui l’a opposé à des antifascistes à Lyon, a provoqué une onde de choc politique majeure. Depuis, l'affaire alimente un débat houleux sur la responsabilité respective des extrêmes, sept personnes ont été mises en examen, dont un assistant parlementaire et un ancien stagiaire du député LFI Raphaël Arnault, pour homicide volontaire et complicité de meurtre, et une marche d'hommage a rassemblé plus de 3 000 personnes à Lyon le 21 février, émaillée de saluts nazis et d'insultes homophobes.

Mais au-delà de ces polémiques, cet événement tragique soulève aussi une question fondamentale sur laquelle les chercheurs en psychologie sociale et en sciences politiques se penchent depuis des décennies : peut-on déradicaliser les militants violents et, si oui, comment ?

Un manque de données robustes

Il faut d’abord comprendre comment des gens a priori ordinaires en viennent à commettre des violences politiques. Dans un article publié dans The Conversation, Antoine Marie, chercheur postdoctorant à l'École normale supérieure (ENS-PSL) et Peter Barrett, professeur invité à l’ESSEC, citent le psychologue Fathali Moghaddam qui a théorisé “l’escalier vers le terrorisme”. Ce modèle décrit un processus progressif qui commence par une exposition sélective à l'information, se poursuit par l’acquisition de visions de plus en plus biaisées - aux accents parfois conspirationnistes - des questions politiques, et se termine par la déshumanisation du camp adverse. “Lorsque des personnes s’enferment dans des chambres d’écho informationnelles, elles deviennent souvent incapables de se souvenir de l'humanité des gens qui pensent différemment d'eux et de se représenter le caractère moral de leurs motivations”, résume le chercheur.

LIRE AUSSI : Au RN, l’ambiguïté persistante avec les groupuscules d'ultradroite

Alors peut-on redescendre cet escalier ? “Il est possible de déradicaliser les militants violents, mais cela es...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...