Les Français sont-ils prêts à la guerre ? L'éclairage de Bénédicte Chéron

Par Anne RosencherPublié le 24/02/2026 à 18:00 - L'Express - 24/02
Dissuasion nucléaire, état de la menace, ressorts de la mobilisation... Dans ce nouvel épisode, l'historienne revient sur le tournant géostratégique que nous vivons et ses implications dans la société.

Face à Vladimir Poutine, face à la Chine, et même face aux brutalités de l’allié américain, l’Europe se réveille dans la douleur. A quoi doit-elle s'attendre, désormais, en termes de conflits ? Et comment s'y préparer ? L'historienne Bénédicte Chéron, qui fait paraître ces jours Mobiliser aux éditions du Rocher, est l'invitée des Grands entretiens d'Anne Rosencher. L'intégralité des échanges est à retrouver en vidéo sur YouTube et Dailymotion, mais aussi en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.

L'Express : Cela fait quatre ans que la Russie a envahi l'Ukraine. Vous qui suivez de près l’imprégnation des questions militaires dans la société, diriez-vous que depuis les mentalités ont changé en France ?

Bénédicte Chéron : Difficile à dire. Quatre ans, c’est évidemment long pour ceux qui sont en guerre, mais pour une société malgré tout périphérique par rapport au conflit, c’est assez court. On peut bien sûr noter quelques évolutions et signaux "faibles" : les questions de défense, par exemple, occupent une plus grande centralité dans le débat public. Cependant, il faut rester lucide. On est souvent trompé par les plateaux des chaînes d’information en continu : ceux qui les suivent ont l’impression qu’on en parle beaucoup, mais les audiences restent assez limitées et fragmentées. Après l’énorme surprise de février 2022, une forme d’habitude et de routine s’est installée. Il est fort possible que, dans l’esprit des Français, cette guerre soit devenue aujourd’hui "une crise comme les ...
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