L'Ecole alsacienne déchirée par une guerre civile : les coulisses d'une crise inédite

Par Etienne Girard et Emilie LanezPublié le 24/02/2026 à 17:00 - L'Express - 24/02
La communauté de l'établissement privé du sixième arrondissement de Paris se déchire autour du choix du futur directeur. Le 19 février, une assemblée générale cruciale a duré six heures, sous les hurlements.

L’occasion aurait pu être saisie d’enterrer les bisbilles, mais il n’en fut rien. Six heures durant, le 19 février, l’assemblée générale de l’Ecole alsacienne a tempêté, hurlé, multipliant les incidents sous le regard de deux huissiers, pris à partie par les deux camps. Soirée mouvementée qui fige à nouveau la division. Voici d’un côté, les fidèles d’Alain Grangé-Cabane, président du conseil d’administration, et de l’autre, les soutiens du directeur licencié de l’école, Pierre de Panafieu. Et c’est le camp Grangé-Cabane qui remporte la manche, avec 102 voix le désignant comme président de la séance quand Oliver Nora, patron des éditions Grasset, n’obtint lui que 73 voix. De mémoire de parents d’élèves, jamais l’auguste école privée du VIe arrondissement de Paris n’a connu d’aussi rocambolesque nuit. Mais l’Ecole alsacienne prend goût à l’agit-prop.

La semaine précédente, elle a connu sa première manifestation de rue, rassemblant une centaine de participants, sous la surveillance somnolente d’un camion de police. Une poignée de collégiens peignés, des parents concentrés, et la silencieuse Elisabeth Guigou, ancienne ministre de la Justice. Quand apparaît, au crépuscule, Pierre de Panafieu, écharpe bleue autour du cou, c’est l’extase. Autour de lui, une nuée de banderoles cryptiques. "Ne maltraitez pas nos Pa-Pa : Parent-Panafieu", "C.A. suffit", "C.A. ne se fait pas" - C.A le sigle désignant le conseil d’administration de l’école, cible de toutes les fureurs. Une enseignante monte sur l’estrade, puis c’est au tour de Jul, le de...
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